Accor engage les grandes manœuvres dans le rachat des murs de ses hôtels
Accor joint le geste à la parole. Conformément à la stratégie dévoilée en novembre par Sébastien Bazin, PDG depuis l’été, le groupe hôtelier a annoncé hier le rachat des murs de 97 hôtels pour 900 millions d’euros environ. Une opération menée par le biais du pôle de gestion immobilière HotelInvest (côtoyant désormais celui d’opérateur de services hôteliers, HotelServices) et concernant deux portefeuilles regroupant diverses enseignes du groupe.
Le premier, de 86 établissements en Allemagne (67) et aux Pays-Bas (19), est racheté à des fonds gérés par Moor Park Capital Partners pour 722 millions d’euros. Accor indique en outre être entré en négociations exclusives avec Axa Real Estate au sujet de l’autre portefeuille regroupant 11 hôtels en Suisse. Les deux ensembles étaient exploités par Accor respectivement depuis 2007 et 2008 par le biais de contrats de location variable. Sébastien Bazin veut croire que les rachats annoncés hier illustrent la «capacité à mettre en œuvre rapidement la stratégie de restructuration du portefeuille d’HotelInvest». D’autant qu’ils «répondent en tout point à nos critères sélectifs de rachats d’actifs». Les rachats auront en outre selon le groupe un effet relutif sur le résultat d’exploitation dès cette année. Ils devraient porter la contribution des hôtels en propriété au résultat opérationnel net (excédent brut d’exploitation amputé des investissements de maintenance) d’HotelInvest de 54% à 68%, pour un objectif à moyen terme de 75%. Natixis salue une «première opération d’envergure de rachat de murs» qui «était attendue» et fait la démonstration des marges d’optimisation disponibles au regard d’une économie annuelle de 60 millions d’euros engrangée sur les loyers.
Les comptes des deux pôles d’Accor sont séparés depuis le 1er janvier, HotelInvest regroupant 1.400 hôtels en propriété ou en location, parmi les 3.500 établissements des enseignes du groupe. Sébastien Bazin a confié à Reuters qu’Accor pourrait bien envisager la scission de ce pôle d’ici deux ou trois ans. Il s’agit avant cela de rendre HotelInvest aussi performant que ses pairs. Le dirigeant a assuré hier que des négociations étaient en cours avec d’autres partenaires, sans aucune pression de calendrier quant à leur finalisation.
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