Abengoa continue d’envoyer de mauvais signaux sur sa dette
L’entreprise espagnole Abengoa, spécialisée dans les énergies renouvelables, a décidément du mal avec sa communication financière vis-à-vis de ses créanciers obligataires. Une série de faux pas qui a commencé par l’émission, en septembre 2014, de deux tranches d’obligations vertes («green bonds») sur le marché high yield, une première, par l’intermédiaire de sa «YieldCo» Abengoa Greenfield à hauteur de 500 millions d’euros.
Deux mois plus tard, le groupe décidait brutalement de classer en dette sans recours la totalité de cette émission qui portait jusque-là les mêmes garanties que les titres émis par la maison-mère Abengoa SA. Cette décision avait fait douter les investisseurs sur le niveau de dette réelle de l’entreprise et sa capacité à générer rapidement de la trésorerie, avec pour conséquences une décote de 77% de la valeur d’une des deux tranches d’obligations vertes émises et un doublement de son CDS à cinq ans.
Cette mauvaise expérience n’a pourtant pas empêché l’entreprise de récidiver le 23 juillet, lorsqu’elle a décidé de présenter en avance certains éléments de ses résultats semestriels. Lors de cet événement, Abengoa en a profité pour évoquer le changement des termes de garanties associés à ses obligations convertibles. En calant les garanties de ses convertibles et échangeables sur celles de ses obligations high yield, la société cherche, selon ses dires, à limiter les possibilités de spéculation sur ses CDS et de distorsion du coût de sa dette. Cette nouvelle annonce a fait chuter de 10% la valeur de ses obligations high yield sur le marché secondaire en juillet, la pire performance des 50 composantes de l’indice BoA Euro High Yield.
Bien que la société ait présenté de manière concomitante des résultats en phase avec les prévisions des analystes, soit un Ebitda en hausse de 9% environ entre 640 et 660 millions d’euros, toutes les inquiétudes n’ont pas été levées. Ainsi, l’entreprise devrait officiellement afficher 4,3 milliards d’euros de trésorerie fin 2015, mais cette somme inclut 1,3 milliard de cash en provenance de fournisseurs, relève CreditSights. De plus en plus de voix commencent à s’élever pour demander à l’entreprise une amélioration de sa transparence financière, une simplification de sa structure, relativement complexe, et des assurances sur sa génération de cash.
Plus d'articles du même thème
-
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : plusieurs ambassades américaines appellent leurs ressortissants à « envisager de quitter » la région
Les représentations américaines en Jordanie, en Israël et en Irak ont demandé samedi à leurs ressortissants de se préparer à quitter la région en cas d'escalade. L'avertissement intervient alors que Donald Trump menace de frapper l'Iran « très fort » et que de nouvelles attaques touchent le Koweït et le détroit d'Ormuz -
Perte sècheA cause des effets des canicules sur le Rhin et le Danube, le prix du transport fluvial explose en Allemagne
Les longues barges transportant des matières premières doivent réduire drastiquement leur chargement pour pouvoir circuler dans de faibles niveaux d'eau. -
Après l’afflux record de migrants à Ceuta, l’Europe s’alarme et se déchire
L’arrivée de quelque 60 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta a provoqué une crise politique à l’échelle européenne. L’Italie, la Finlande et le Danemark réclament un durcissement des mesures contre l’Espagne, tandis que la France, l’Allemagne et Bruxelles privilégient le soutien à Madrid et le renforcement des frontières extérieures