Wendel renforce Stahl en rachetant la division cuir de Clariant

Le montage de l’opération ne devrait pas augmenter le levier du chimiste Stahl, dont Clariant va recevoir 23% du capital
Amélie Laurin

Touché de plein fouet par la crise de l’automobile, le spécialiste du cuir industriel Stahl participe à la consolidation de son marché en rachetant la division Leather Services du suisse Clariant. Wendel, principal actionnaire du groupe néerlandais, et Clariant, groupe coté à Zurich, ont annoncé hier être entrés en négociations exclusives.

Avec un chiffre d’affaires de 255 millions d’euros et un Ebitda de 23 millions l’an dernier, l’activité cuir de Clariant permettra à Stahl de porter son chiffre d’affaires à 616 millions (+70%) et son Ebitda à 77 millions (+40%), sur la base des chiffres de 2012.

La participation de Wendel va ainsi renforcer sa taille critique dans un marché au ralenti (notamment en Europe, son premier débouché), face à ses concurrents allemands BASF, Lanxess ou encore TFL, repris le mois dernier par le fonds Black Diamond Capital Management.

De son côté, Clariant veut se concentrer sur ses divisions les plus profitables, comme l’agrochimie et les cosmétiques. L’opération valorise Stahl plus de 9 fois son Ebitda estimé et les activités cédées par Clariant 7,5 fois. Le groupe élargi compte améliorer son Ebitda de 15 millions d’euros sous 18 mois, via des synergies de coûts. Les revenus, eux, pourraient au contraire légèrement s’éroder, en raison de doublons notamment.

Au bouclage de la vente, prévu courant 2014, Clariant recevra 23% des actions Stahl, à l’occasion d’une augmentation de capital qui ramènera le poids de Wendel de 91,5% à 71%. Le management et d’anciens créanciers se partageront les 6% restants. Clariant recevra également 70 millions d’euros en numéraire. Stahl va négocier de nouveaux concours à cet effet, mais aussi pour financer ses développements (notamment dans les revêtements de haute performance), refinancer certaines lignes de crédit actuelles et rembourser des prêts d’actionnaires, dont 40 millions d’euros maximum à Wendel.

La nouvelle dette de la société devrait représenter environ 3 fois son Ebitda, soit 230 millions d’euros sur la base des chiffres 2012. Le levier devrait rester assez stable: à fin juin 2013, Stahl affichait une dette nette de 2,7 fois l’Ebitda, soit 155 millions d’euros, en baisse de 17,6% sur un an. Actionnaire depuis 2006, Wendel a déjà investi 147 millions dans la société, lourdement restructurée en 2009. Il envisage sa sortie à partir de 2016, éventuellement via une introduction en Bourse.

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