Wendel cède Kerneos à Astorg pour accélérer le désendettement de Materis
A défaut de boucler la vente de Parex, Wendel a trouvé preneur pour Kerneos, une autre division du groupe de BTP Materis. La société d’investissement cotée a annoncé hier être entrée en négociations exclusives avec Astorg Partners pour lui céder cette entreprise, leader mondial des aluminates de calcium. Le fonds va débourser 610 millions d’euros, soit 8,4 fois l’Ebitda de Kerneos. Wendel espérait un multiple de 10 fois l’an dernier, lorsqu’il avait éconduit les offres d’Astorg et Ymeris, jugées trop basses. Au bouclage de l’opération, attendu au premier semestre 2014, Wendel accordera une ligne de dette subordonnée de 60 millions d’euros à Kerneos, rémunérée à 10,5%.
Il faut dire que la situation financière de Materis exige quelques sacrifices. Wendel, son actionnaire à 75,5%, a renégocié la dette en 2012 en repoussant les prochaines échéances importantes à 2015, mais il doit mener à bien au moins la cession d’une entité pour la ramener à un niveau plus supportable. La dette de Materis atteignait encore 1,96 milliards d’euros à fin juin, soit 8 fois l’Ebitda.
Or ce spécialiste de la chimie de construction, sorti du giron de Lafarge en 2006, souffre du ralentissement économique. Son chiffre d’affaires stagne grâce à Parex, mais recule dans la division peintures, chez Chryso (adjuvants) en raison d’effets de change négatifs, et chez Kerneos (-0,7% au 1er semestre) qui pâtit d’une baisse d’activité dans les réfractaires en Europe. Sur 12 mois (à fin septembre), le fabricant d’aluminates a réalisé un chiffre d’affaires de 366 millions d’euros et un Ebitda de 73 millions.
Sa cession laisse du temps à Wendel pour clore celle de Parex, la division mortiers de Materis dont il espère 1 milliard d’euros (10 fois l’Ebitda). CVC serait encore en lice, après le retrait de Bain. Un deuxième tour de table est attendu ce mois-ci, selon des sources bancaires citées par Reuters. «Il faut attendre des nouvelles de notre part début 2014», a déclaré hier Bernard Gautier, membre du directoire de Wendel.
La société d’investissement pourrait revenir à une note investment grade, estime Tullett Prebon qui souligne ses «excellents ratios de crédit», notamment un ratio de dette nette sur valeur des participations «très modéré», à 30,8%. Wendel a annoncé hier un actif net réévalué record de 140,3 euros par action à fin septembre (+31,5% sur un an), mais affiche encore une décote sur actif net de 30%, pointe Kepler Cheuvreux.
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