Warren Buffett devient sans frais le sixième actionnaire de Goldman Sachs
Son fonds Berkshire Hathaway a converti ses warrants sans apporter d’argent frais, en vertu d’un accord donnant-donnant conclu en mars
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Amélie Laurin
Sans débourser un dollar, Warren Buffett devient le sixième actionnaire de Goldman Sachs. Cinq ans après avoir contribué au sauvetage de la banque américaine, le patron du fonds Berkshire Hathaway a exercé mardi des warrants pour acquérir environ 2,9 % du capital de la firme, soit l’équivalent de 2,1 milliards de dollars.
A l’automne 2008, juste après la faillite de Lehman Brothers, l’oracle d’Omaha avait injecté 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs, en échange d’actions de préférence. Cette opération lui avait permis de toucher un dividende annuel de 10% (jusqu’au rachat de ses titres par la banque en 2011), mais aussi des warrants. En vertu d’un accord donnant-donnant conclu en mars, Warren Buffett n’a pas déboursé 5 milliards de dollars pour convertir ses bons de souscription en capital le 1er octobre, mais il a aussi limité sa participation pour éviter à Goldman Sachs une forte dilution de ses actionnaires.
Selon le schéma initial, il aurait pu acquérir environ 9% de la banque en achetant 43,5 millions de titres à 115 euros pièce. A la place, il a transformé ses warrants en une part du capital égale à la différence entre leur prix d’exercice et le cours de clôture moyen des dix derniers jours.
Warren Buffett pourra vendre ses titres après l’annonce des résultats du troisième trimestre de Goldman Sachs, mais il ne devrait pas monétiser tout de suite son investissement. «Nous sommes heureux que Berkshire Hathaway ait l’intention de rester investisseur de long terme dans Goldman Sachs», avait en effet déclaré au printemps Lloyd Blankfein, le PDG de la banque. Cette dernière est d’ailleurs entrée tout récemment au Dow Jones IA, l’indice phare des valeurs américaines.
Le 16 octobre, Berkshire Hathaway pourra devenir un actionnaire significatif de General Electric, grâce à un schéma proche de son opération avec Goldman Sachs. Après avoir injecté 3 milliards de dollars dans le groupe industriel en 2008, il a signé au printemps un accord lui permettant d’exercer ses warrants sans apporter de liquidités. Le fonds d’investissement est par ailleurs actionnaire de deux autres banques amérciaines, Wells Fargo et US Bancorp. Il détient aussi un stock d’actions de préférence et de warrants de Bank of America, dans laquelle il a investi 5 milliards en 2011.
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