Vista Partners sort vainqueur de la lutte pour le rachat de Misys
Après l’abandon de Temenos, c’est finalement le fonds de capital investissement Vista Partners qui a réussi à mettre la main sur Misys pour un montant de 1,27 milliard de livres (1,53 milliard d’euros) en numéraire. L’accord valorise l’action de la société britannique de logiciels bancaires à 350 pence, soit une prime de 6% par rapport à son cours de clôture de vendredi. L’action, qui a progressé de 7,44% hier à Londres et a gagné 52% depuis le début de l’année, reste néanmoins «attractive», selon le président de Misys, Sir James Crosby.
Vista, conseillé par Goldman Sachs, sollicitera des prêts de la part de Jefferies et Credit Suisse pour financer l’opération. Misys, épaulé par Barclays et JPMorgan, sera fusionné avec Kondor, un progiciel de gestion des transactions de marchés édité par Turaz, et récemment acquis par Vista à Thomson Reuters pour environ 500 millions de dollars.
Le coup de bluff de ValueAct Capital Partners, premier actionnaire du groupe avec 21,5% du capital, a donc fonctionné. Après six mois de recherches infructueuses, le groupe avait en effet annoncé un partenariat avec CVC Capital pour faire une offre sur Misys de 325 pence par action. Les analystes avaient alors vu cette proposition comme une manœuvre pour pousser Vista à payer plus cher, CVC ne détenant aucune société qui pourrait offrir des opportunités de synergies potentielles avec Misys. Le pari était cependant risqué, les marges de manœuvre de Vista étant limitées. Avant l’opération, la société américaine ne détenait plus que 3,3 milliards de dollars (2,1 milliards de livres) dans son fonds et n’avait jusqu’à présent jamais réalisé une acquisition d’une telle ampleur.
L’offre sera soumise au vote des actionnaires dans un délai de 28 jours, soit jusqu’au 2 avril. Même si le directeur général de Misys, Tom Kilroy, fraîchement nommé après le départ de Mike Lawrie, indiquait hier au Financial Times que «cela devrait être la meilleure offre pour Misys et ses actionnaires», le prix proposé par Vista laisse, selon les analystes, une porte ouverte pour une contre-offre de Temenos ou CVC. «Le niveau d’apport irrévocable est faible, avec moins de 22% des actionnaires favorables» estime George O’Connor de Panmure Gordon.
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