Un symbole de l'échange de bitcoins tombe
Chronique d’une mort annoncée pour la plate-forme japonaise d’échanges de bitcoin Mt.Gox. Son directeur général, le français Mark Karpeles, a annoncé hier son placement sous administration judiciaire et une mise en faillite proche, après le rejet par le tribunal de Tokyo de sa demande de redressement et la nomination d’un administrateur provisoire.
Les principaux motifs invoqués pour justifier cette décision sont «le manque de plans de sauvegarde réalistes», ainsi que le très grand nombre de créanciers de Mt.Gox, 127.000 au total disséminés à travers le globe, qui rend extrêmement complexe toute procédure de redressement, ainsi que la recherche de repreneurs.
Le Wall Street Journal rapporte que plusieurs investisseurs se seraient montrés intéressés par la plate-forme, et cite notamment un groupe mené par l’entrepreneur Brock Pierce et les financiers William Quigley et Matthew Roszak qui auraient fait une offre d’un bitcoin symbolique, soit environ 290 euros. Un montant justifié par «l’absence d’informations» concernant la disparition de quelque 850.000 bitcoins, soit 7% du total de la monnaie virtuelle en circulation dans le monde, qui a entrainé en février le dépôt de bilan de Mt.Gox, qui en détenait elle-même 100.000. Une disparition expliquée par un présumé piratage informatique. Si 200.000 bitcoins auraient miraculeusement refait surface ensuite, les clients ont dû essuyer une perte estimée à 473 millions de dollars.
Un certain nombre d’entre eux ont d’ailleurs porté fin mars devant le tribunal de Dallas leur mécontentement face à la gestion de Mark Karpeles, qui détient 88% de Mt.Gox par l’intermédiaire de sa société Tibanne, accusé de fraude. Deux investisseurs américains, Gregory Greene et Joseph Lack ont par ailleurs lancé un recours collectif auprès du tribunal de l’Illinois le 27 février contre la plate-forme pour des pertes estimées à respectivement 25.000 et 40.000 dollars.
Pour contrer la saisie de ses actifs par ces clients mécontents, Mt.Gox s’est placé depuis le 11 mars sous la protection du chapitre 15 de la loi américaine pour les sociétés étrangères. Elle protège les actifs faisant l’objet d’une procédure d’insolvabilité dans leur pays d’origine aux Etats-Unis et empêche leur saisie par des créanciers. Le juge américain du Tribunal des faillites a néanmoins sommé Mark Karpeles de se présenter demain pour une audition pour soupçons de fraude et blanchiment.
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