UBS solde ses comptes avec les autorités pour manipulation du Libor
L’addition est salée, mais elle était attendue et son montant n’a pas surpris les observateurs. Surtout, l’accord dévoilé hier par UBS avec les autorités britannique, américaines mettant un terme aux poursuites pour manipulation des taux interbancaires Libor et Euribor permet à la banque de se défaire d’un lourd fardeau en clarifiant enfin la situation.
La banque suisse a convenu de verser un montant total de 1,16 milliard d’euros. La principale amende est consentie au profit du Département américain de la justice et de la CFTC, régulateur des marchés à terme, pour l’équivalent de 900 millions d’euros environ. Suivent des versements à la FSA britannique et à la Finma suisse pour 200 et 50 millions. Certes, l’accord ne couvre pas une accusation isolée du Département de la justice américain concernant le yen Libor et l’euroyen Tibor, pour laquelle la filiale de titres japonaise de la banque plaidera coupable. Et cette nuit, l’autorité des marchés de Hong Kong a fait part de l’ouverture d’une enquête sur UBS sur ce même sujet de manipulation de taux interbancaires.
UBS se targue d’avoir coopéré avec les autorités et «considérablement amélioré son cadre de contrôle» concernant les procédures de soumission des taux de référence. Et le directeur général Sergio Ermotti de «regrett(er) profondément» le «comportement inacceptable» de «certains collaborateurs».
45 personnes sont impliquées, selon la FSA, qui souligne que la manipulation de soumission des taux visant à favoriser les positions de trading pour compte propre d’UBS se déroulait «ouvertement et était considérée comme une pratique normale et acceptable par un grand nombre d’individus». Comme dans l’affaire Barclays, l’autorité a publié des échanges évocateurs entre traders et brokers d’UBS et d’autres banques, notamment en 2008 et 2009. Ces arrangements permettaient aux intéressés d’engranger des profits sur leurs positions et des commissions sur des opérations fictives.
UBS indique que le trimestre en cours devrait se solder par une perte nette de 2,0 à 2,5 milliards de francs (1,7 à 2,1 milliards d’euros), sous le coup de provisions (qui ne concernent pas que le Libor), de charges de restructuration et d’une perte sur dette propre. Mais elle exclut le recours à une augmentation de capital. UBS précise s’attendre à un bénéfice imposable de 2,5 à 3,0 milliards sur l’ensemble de l’exercice.
Plus d'articles du même thème
-
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Google fait son grand retour dans la compétition aux modèles d’IA de pointe
Google a lancé, jeudi 1er octobre, un nouveau modèle d'IA haut de gamme, Gemini 4 Argon, testé par quelques partenaires de confiance. Avec Anthropic et OpenAI, tous rivalisent sur la puissance de leurs outils d’IA, alors même qu'ils appellent publiquement à la modération. -
L’inflation japonaise s'emballe et renforce les anticipations de hausse de taux
Les prix à la consommation augmentent plus vite que les prévisions et dépassent la cible de la banque centrale, tandis que les entreprises industrielles affichent leur optimisme. Les conditions sont réunies pour la poursuite de la normalisation de la politique monétaire.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental -
Carburants : les déblocages des stocks stratégiques européens de gazole peuvent-ils vraiment faire baisser les prix ?
Le G7 a décidé vendredi de libérer jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de carburants issus des réserves d’urgence, alors que Washington menaçait de suspendre ses exportations de gazole vers l’Europe. Cette mise sur le marché pourrait faire baisser les prix à la pompe de 10 à 15 centimes par litre. Mais l’effet risque de ne durer que quelques semaines, estiment les experts