Tokyo accroît sa protection contre le risque technologique
Le gouvernement nippon va prendre des mesures supplémentaires en vue de renforcer son arsenal juridique contre la cybercriminalité. Il a annoncé hier que vingt secteurs appartenant aux industries de l’information et de la communication (ICT) seront dorénavant incorporés à une liste d’entreprises pour lesquelles les investissements directs étrangers (IDE) font l’objet d’une restriction. Cette disposition s’appliquera à compter du 1er août mais Tokyo n’a pas précisé les pays ou les sociétés susceptibles d'être affectés.
«Compte tenu de l’importance accrue d’assurer la cybersécurité ces dernières années, nous avons décidé de prendre les dispositions nécessaires, en ajoutant en particulier la fabrication de circuits intégrés, dans le but d’empêcher comme il se doit une situation qui porterait gravement atteinte à la sécurité du Japon», expliquent les ministères des Finances, du Commerce et des Communications dans un communiqué commun. Les fabricants étrangers de matériels informatiques, d’équipements télécoms ou de téléphones mobiles seront ainsi concernés.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de durcissement réglementaire au sein des pays occidentaux (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie…) envers les IDE dans des secteurs jugés sensibles, les prédateurs chinois étant particulièrement visés.
La législation japonaise oblige déjà les groupes étrangers à effectuer une déclaration préalable d’investissement pour de nombreux secteurs incluant l’aéronautique, le nucléaire, l’armement, l’agriculture, les hydrocarbures, les transports aérien et maritime, les opérateurs télécoms, la pêche ou la transformation du cuir. Ils doivent se soumettre à un contrôle s’ils prennent 10% au moins du capital d’une société cotée ou entrent au capital d’une société non cotée. Si le gouvernement n’est pas satisfait, il peut ordonner aux investisseurs étrangers d’amender leurs projets d’investissement voire d’y renoncer.
Ces nouvelles mesures devraient complexifier le processus d’implantation de certains groupes sur le marché nippon, alors que l’Archipel est sorti en 2017 de la liste des 20 principaux pays destinataires des investissements directs étrangers (IDE), selon la Cnuced. Les flux d’IDE se sont alors élevés à 10,43 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros), contre 11,39 milliards de dollars en 2016, année où l’Archipel était sur la cinquième marche du podium.
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