Theresa May décale la perspective d’un Brexit dur
A près d’un mois de la sortie attendue du Royaume-Uni de l’Union européenne, toutes les options restent envisageables. Hier, la Première ministre britannique Theresa May a déroulé devant la Chambre des Communes un plan en trois étapes en laissant à chaque fois le dernier mot aux députés. Elle leur présentera ainsi avant le 12 mars une nouvelle version de l’accord de divorce qu’elle a signé fin novembre avec Bruxelles et que le Parlement britannique a rejeté le 15 janvier dernier. En cas d’opposition lors de ce nouveau vote crucial, elle s’engage à demander aux députés le 13 mars s’ils veulent sortir de l’UE sans accord. S’ils refusent, elle présentera alors une motion le 14 mars demandant si le Parlement veut une extension courte et limitée de l’article 50 du Traité de Lisbonne - extension à laquelle l’UE serait favorable. La Première ministre a bien précisé que toute extension au-delà de la fin du mois de juin contraindrait le Royaume-Uni à participer aux élections européennes prévues fin mai.
Incidences sur la BoE
Face à ce scénario, les observateurs estiment que l’accord renégocié de sortie risque à nouveau de se heurter à un mur d’opposition le 12 mars lors du prochain vote crucial. De même, l’option d’une absence d’accord a très peu de chances de séduire les députés, laissant ainsi la porte ouverte à une extension de l’article 50 qui devrait être acceptée à l’unanimité par les 27 membres de l’UE, sauf imprévus.
Pour autant, la possibilité d’un report n’apporte pas toutes les solutions attendues : «une extension courte pourrait se traduire par des avantages politiques et pratiques sur le court terme», estime ING, «mais elle pourrait aussi être plus dommageable pour l’économie et repousser toute remontée des taux de la part de la Banque d’Angleterre jusqu’à bien plus tard dans l’année ou au-delà».
Plus généralement, le report de la date de sortie n’écarte pas l’hypothèse d’une absence d’accord sur le plus long terme. «En ce qui nous concerne, et bien que le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne soit susceptible d’être retardé, les probabilités associées aux différents résultats attendus n’ont pas changé, estime Andrew Goodwin, économiste au sein d’Oxford Economics. Nous estimons toujours à 60 % la possibilité d’une mise en œuvre de l’accord de retrait, à 35 % l’hypothèse d’une sortie sans accord et à 5% le maintien du Royaume-Uni dans l’UE.»
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