Teva Pharmaceutical confirme l’intérêt du marché pour les refinancements d’acquisition

Le groupe a levé 15 milliards de dollars pour refinancer le prêt-relais lié à l’achat de l’activité générique d’Allergan, en attendant des tranches en euros.
Antoine Landrot
Teva Pharmaceutical
Le groupe israélien Teva Pharmaceutical profite des taux d’intérêt exceptionnellement faibles pour se refinancer.  -  Photo Teva.

Teva Pharmaceutical a rejoint la longue liste des entreprises qui ont récemment fait appel au marché pour refinancer un crédit-relais massif souscrit dans le cadre d’une acquisition, profitant de taux d’intérêt exceptionnellement faibles. Dans le cadre du rachat des médicaments génériques d’Allergan pour 40,5 milliards de dollars, le groupe israélien a mis à prix lundi une émission multitranche de 15 milliards de dollars d’obligations seniors. Celle-ci a été souscrite plusieurs fois.

Les 6 tranches à taux fixe affichent des maturités de 2 à 30 ans, pour des montants compris entre 1,5 milliard (pour la maturité la plus courte) et 3,5 milliards à 10 ans. Elles offrent des marges comprises entre 75 et 185 points de base (pb) au-dessus des Treasuries américains, soit 30 à 40 pb de moins que les prix indicatifs initiaux. Le produit de l’émission, dirigée par Barclays, Bank of America, BNP Paribas, Credit Suisse, HSBC et Mizuho, financera la part en numéraire de l’acquisition.

La somme représente la part libellée en dollars d’un projet d’appel au marché total équivalent à 22 milliards de dollars. Une émission en euros (à 2 ans taux variable, 4, 8 et 12 ans taux fixe) pourrait démarrer aujourd’hui. Une tranche en francs suisses est aussi envisagée.

Les sociétés multiplient les émissions obligataires pour refinancer les prêts souscrits à l’occasion la récente boulimie d’acquisitions. Selon Bloomberg, le montant total des émissions corporates pour ce motif a dépassé les 187 milliards de dollars au premier semestre (+59% sur un an). L’essentiel (81%) est le fait d’entreprises américaines, mais leurs homologues européennes ont multiplié par près de 5 leurs appels au marché à 23,8 milliards d’euros.

Parmi les opérations majeures, le brasseur AB InBev a émis 46 milliards de dollars et 13,25 milliards d’euros pour rembourser la majeure partie des 75 milliards de dollars empruntés pour acquérir l’américain SABMiller. Dans la foulée, Molson Coors a levé 5,3 milliards de dollars pour solder le crédit-relais souscrit pour l’acquisition de la part de SABMiller dans la coentreprise MillerCoors. La tendance devrait se poursuivre étant donné les nombreuses acquisitions en projet ou en cours, comme celles de St Jude Medical par Abbott et de Whitewave par Danone : 77 milliards de dollars de prêts bancaires d’acquisition sont déjà dans le pipeline.

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