Temasek confirme son ancrage à long terme sur l’Asie émergente
A l’occasion de la publication de son rapport annuel à fin mars dernier, Temasek a tenu hier à marteler son profond attachement en termes d’investissement aux économies émergentes, et tout particulièrement asiatiques. Un discours qui fait suite à une prise partielle de bénéfices très remarquée cette semaine, le fonds souverain singapourien ayant cédé pour 2,5 milliards d’euros de titres China Construction Bank et Bank of China.
Le sentiment positif de Temasek sur la Chine ou ses voisins n’est donc pas en cause. Car Temasek se targue de maintenir le cap d’une gestion active de son portefeuille, passant au cours de l’exercice écoulé par 13 milliards de dollars singapouriens (7,4 milliards d’euros) d’investissements et par 9 milliards de cessions. Le fonds a précisé que la Chine est d’ailleurs restée la principale destination de ses engagements. Et le secteur financier a confirmé sa suprématie, représentant 36% des actifs soit un point de plus qu’au 31 mars 2010.
La directrice générale de Temasek, Ho Ching, a d’ailleurs promis de «continuer à investir dans les économies en transformation d’Asie et d’Amérique latine». En dépit de risques inflationnistes à moyen terme exacerbés par les déséquilibres mondiaux. Une stratégie qui relègue de fait les marchés matures au rang de sources d’opportunités, comme en témoigne selon la dirigeante les récents investissements aux Etats-Unis. Le fonds a notamment investi 400 millions d’euros au capital du numéro deux local du gaz naturel, Chesapeake Energy. Temasek affiche ainsi une répartition du portefeuille de 45% sur les «marchés en croissance» et de 55% sur les «économies matures».
Le chemin suivi par Temasek ne diverge certes pas de celui des autres fonds souverains, dont 60% des investissements directs ont concerné les marchés émergents l’année dernière, sept points de plus qu’en 2009, selon Monitor Group.
Le montant total des actifs sous gestion de Temasek a progressé de 3,8% pour atteindre un plus haut historique de 193 milliards de dollars singapouriens. Au 31 mars, 89% des actifs étaient concentrés en Asie-Pacifique, dont 32% à Singapour.
Temasek s’est en outre targué d’afficher depuis sa création en 1974 un taux de rendement annualisé de 17% et d’avoir engrangé sur l’exercice écoulé un bénéfice plus que doublé à 12,7 milliards de dollars. Bien en deçà encore du record de 18 milliards enregistré à fin mars 2008.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre