SmartAngels légitime la place du crowdfunding dans la chaîne du capital risque
Le montant peut sembler modeste mais le symbole est ailleurs. SmartAngels, plate-forme de financement participatif en capital, vient de réaliser une levée de fonds d’un million d’euros auprès de 12 business angels et de 3 fonds d’investissement. On retrouve chez les premiers le gotha des entrepreneurs français: Xavier Niel, Marc Simoncini, Jacques-Antoine Granjon, Pierre Kosciusko-Morizet, entre autres. Les trois fonds sont XAnge, Idinvest et le spécialiste de l’économie numérique Elaia Partners.
«C’est une opération assez significative du point de vue de l’écosystème du financement des entreprises, se félicite Benoît Bazzochi, fondateur de SmartAngels. Le crowdfunding est reconnu comme un maillon dans la chaîne du financement de la part des business angels et des fonds de capital risque». Les discussions, entamées en septembre dernier, se sont accélérées en janvier, avant même l’annonce par le gouvernement de sa réforme favorable au développement du crowdfunding et effective en juillet prochain.
Créée en 2012 mais effectivement opérationnelle courant 2013, SmartAngels estime avoir déjà permis à une dizaine de start-up et PME de collecter directement auprès d’investisseurs pour 4 millions d’euros d’argent frais. En 2014, elle vise 10 à 15 dossiers financés pour des tickets moyens de 300.000 à 500.000 euros. Grâce à cette levée de fonds, la société, qui se rémunère par un pourcentage sur les flux transitant à travers sa plate-forme, compte doubler dans les mois prochains la taille de son équipe, de 5 personnes aujourd’hui. Tout en se renforçant sur un marché français déjà concurrentiel – d’autres acteurs comme WiSeed, FinanceUtile et Happy Capital sont actifs dans le crowdfunding en equity –, elle compte aussi amorcer un développement européen.
«Nous commençons tout juste à regarder l’état du marché et de la concurrence dans d’autres pays, explique Benoît Bazzochi. Nous avons la chance d’avoir, en France, une réglementation favorable. Nous allons en profiter pour être forts sur notre propre marché et pour saisir des opportunités ailleurs. Il y a un enjeu assez fort de structuration du secteur au niveau européen, car nos concurrents américains raisonnent, eux, à l’échelle du continent».
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