Siparex réfléchit à un fonds de dette mezzanine

Malgré une activité soutenue en 2012, le gérant veut anticiper les difficultés du métier et s’adapter aux attentes de ses interlocuteurs
Antoine Landrot

L’année 2012 a été difficile pour le capital-investissement, en particulier dans les levées de fonds. Siparex se targue pourtant d’avoir collecté 183 millions d’euros en 2012, dont 125 millions pour son fonds MidMarket III destiné aux ETI (avec un objectif final de 150 millions). 15% ont été réunis auprès d’investisseurs étrangers.

Les gérants ont connu une activité soutenue. Les investissements ont atteint en 2012 leur plus haut niveau depuis au moins quatre ans, à 89 millions d’euros. Siparex a réalisé pour 110 millions de cessions, contre 159 en 2011 et 111 en 2010. «Les acheteurs industriels sont revenus sur le marché depuis la fin de l’année dernière. D’où des processus plus longs, ce qui a pu retarder le bouclage de certaines ventes. Le climat fiscal en France a également joué à partir de septembre. Mais nous sommes confiants quant à l’issue de ces dossiers dans les mois qui viennent», a précisé Bertrand Rambaud, président de Siparex.

Le gérant revendique également un multiple moyen de cession légèrement supérieur à deux pour ses fonds de capital-développement. Avec 240 entreprises en portefeuille, il dispose de 1,1 milliard d’euros d’actifs sous gestion.

Siparex n’élude pas les difficultés du secteur, mais les nuance. «Si les banques nationales sont en retrait, les réseaux mutualistes continuent d’apporter leur concours en région. Et le font à des conditions plus onéreuses, tant sur le plan des taux d’intérêt que des commissions d’intervention; mais nous en sommes relativement protégés parce que les leviers de dette sur nos opérations sont limités», à 2 fois l’Ebitda en moyenne, explique Bertrand Rambaud. Le président estime que la raréfaction du capital alloué au private equity est loin d’être le seul fait de la réglementation (Solvabilité 2 et Bâle 3).

Il évoque aussi le climat fiscal, la déception des investisseurs quant au rendement de certains placements et aux pratiques de certains gérants, ainsi que l’aversion pour les risques liés à l’Europe. «Ces freins accroissent la nécessité d’accéder à la taille critique», estime Bertrand Rambaud – qui connaît le sujet puisque Siparex a intégré UFG Private Equity en 2010.

En outre, la raréfaction de la ressource rend nécessaire des stratégies de diversification. Siparex réfléchit ainsi à mettre en place un fonds de dette mezzanine, afin de répondre à la demande à la fois des investisseurs et des dirigeants d’entreprises.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...