Saxo Bank tente de limiter ses pertes sur le franc suisse
Saxo Bank aura été le dernier des grands courtiers sur forex à sortir du bois. Comme le britannique IG Group, et au contraire de l’américain FXCM qui a perdu son indépendance dans l’affaire, la banque danoise paie cher la décision de la Banque nationale suisse (BNS) de laisser flotter le franc le 15 janvier dernier, mais ce revers n’est pas de nature à mettre en péril sa situation financière.
Dans un communiqué, Saxo a estimé à 0,7 milliard de couronnes danoises (107 millions de dollars, soit 96 millions d’euros), la perte maximale qu’elle pourrait accuser en raison du bond du franc suisse. Comme chez ses concurrents, un certain nombre de ses clients, piégés par la volatilité du marché des changes, ont enregistré de lourdes pertes qui excédaient leur mise initiale. Saxo Bank pourrait donc devoir prendre la différence à sa charge. Et encore, le courtier peut se féliciter d’avoir réduit dès septembre 2014 le levier maximal autorisé pour ses clients sur le franc suisse: il avait passé de 4% à 8% ses exigences de marges, ce qui permettait à un particulier de ne plus jouer «que» 12,5 fois sa mise au lieu de 25 fois.
Le 16 janvier, dès le lendemain de l’annonce choc de la BNS, Saxo Bank s’était félicité de gagner des clients qui transféraient leurs comptes en provenance d’autres courtiers en difficultés. Il lui aura fallu une semaine pour reconnaître que la mauvaise surprise suisse mordrait nettement sur ses fonds propres. Une fois déduite la perte maximale estimée, les capitaux propres totaux de la banque au Danemark et du groupe dans son ensemble tomberaient à 1,97 et 2,15 milliards de couronnes respectivement. Ce qui laisse encore de la marge par rapport aux exigences minimales des régulateurs, de 1,46 et 1,71 milliards. Le ratio de fonds propres durs (CET1) du groupe serait de 10,7%.
L’histoire n’est cependant pas finie. Saxo Bank avait laissé jusqu’au 23 janvier à ses clients pour lui expliquer comment ils comptaient couvrir leurs pertes. «Il n’est pas impossible que nous devions faire face à des procédures judiciaires», a reconnu Steen Blaafalk, directeur financier du groupe. «Nous travaillons activement avec des clients à un plan de remboursement», a-t-il précisé, en soulignant que certaines négociations pourraient durer deux mois.
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