RBS réduit la voilure dans ses services aux investisseurs sur les taux

La banque abandonne certaines de ses activités de prime brokerage et de compensation, citant une pression sur les coûts
Antoine Duroyon

RBS poursuit son désengagement progressif des services de banque d’investissement. Le groupe, détenu majoritairement par le gouvernement britannique, va abandonner certaines de ses activités de prime brokerage sur les taux et de compensation des dérivés de taux de gré à gré (OTC). Ce retrait, qui «affectera un très petit nombre de clients, principalement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis», doit s’effectuer sur une période de 3 à 8 mois. L’établissement conservera en revanche son expertise en la matière au Japon et dans le reste de la région Asie-Pacifique.

Pour justifier sa décision, RBS souligne «une hausse du niveau de fonds propres, des coûts opérationnels et des investissements qui seraient nécessaires pour que [son]activité soit compétitive à l’échelle mondiale sur un marché avec des marges extrêmement réduites». La banque d’Edimbourg marche sur les traces de Barclays qui a été le premier établissement britannique à réduire la voilure dans sa banque d’investissement. L’environnement de taux bas et stables a entamé l’appétit des investisseurs pour des dérivés de taux.

A cela s’ajoute une évolution en cours de la régulation, avec l’obligation faite aux investisseurs institutionnels et aux fonds alternatifs de recourir à des chambres de compensation pour la négociation de dérivés OTC. Certains acteurs s’organisent face à cette nouvelle donne. BNP Paribas a ainsi lancé une offre unifiée pour la compensation des dérivés OTC et listés, assurée jusqu’à présent respectivement par BNP Paribas CIB et BNP Paribas Securities Services, tandis que la Société Générale vient de racheter Newedge à 100% pour l’intégrer à ses activités de marché.

Dans une récente étude sur l’industrie, le cabinet EY relève une tendance de marché plus large de nature à renforcer la concurrence dans le prime brokerage. La diversification de l’exposition des fonds alternatifs aux prime brokers s’explique notamment par le fait que «des exigences de solvabilité plus élevées pour les dérivés de gré à gré limiteront la quantité de dérivés OTC qu’un seul prime broker peut traiter».

Par ailleurs, la montée en force des fonds orientés «multi-stratégies» requiert une large palette de services, ce qui peut difficilement être apporté par un acteur trop petit en BFI. Intensification de la concurrence et pressions sur les coûts représentent aujourd’hui un défi de taille pour les prime brokers.

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