Prada relance pour la quatrième fois son projet d’introduction en Bourse

Le groupe italien a mandaté quatre établissements en vue d’une cotation à Hong Kong qui le valoriserait à plus de six milliards d’euros
Antoine Duroyon

Patrizio Bertelli, le patron de Prada, n’a pas dit son dernier mot. Alors que l’entrée en Bourse de la maison italienne avait fini par ressembler à un serpent de mer, il a officialisé hier une énième relance du projet. «Confiants dans le développement du groupe, nous pouvons maintenant faire face aux prochains défis avec sérénité et saisir les meilleures opportunités offertes par les marchés internationaux», a déclaré l’administrateur délégué, Patrizio Bertelli, qui détient en compagnie de sa femme Miuccia Prada environ 95% des titres de Prada SpA. Le conseil d’administration a mandaté quatre établissements - Banca Imi (filiale de Sanpaolo, actionnaire de Prada), UniCredit, CLSA (Crédit agricole) et Goldman Sachs - comme coordinateurs et teneurs de livre.

Le groupe détenteur des marques Miu Miu, Church’s ou Car Shoe, envisage une cotation à Hong Kong. En cas de succès, cette opération ferait de Prada la plus grande marque de mode européenne à s’introduire en Bourse en près de dix ans et la première société italienne cotée à Hong Kong. Selon Reuters, la société pourrait viser une levée de fonds d’au moins 1,2 milliard d’euros et chercher à obtenir une valorisation d’au moins 12 fois les prévisions de bénéfice 2011, en ligne avec le secteur du luxe valorisé à 12,5 fois. Les capitaux levés devraient contribuer au désendettement mais aussi à financer la poursuite du développement en Asie.

En retenant la place de Hong Kong, Prada braque en effet les projecteurs sur une région qui contribue fortement à la croissance de son activité. Les ventes en Asie (hors Japon) ont augmenté de plus de 47% sur les six premiers mois de 2010. Selon les estimations du cabinet de conseil Intercorporate, la zone pourrait représenter pas moins de 40% du chiffre d’affaires total. Cette décision ne sera pas neutre d’un point de vue stratégique. Les conditions d’entrée à la Bourse de Hong Kong impliquent des changements dans le management. Le groupe va effectivement devoir disposer de deux administrateurs exécutifs basés à Hong Kong et de trois administrateurs indépendants. Il suivra ainsi les traces de L’Occitane qui a levé en mai dernier près de 800 millions de dollars à Hong Kong.

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