Pourquoi les investisseurs sont si optimistes à l'égard du Mexique
Le succès économique du Mexique, grâce à l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) de 1994, est bien connu : la part des exportations dans le PIB est passée d’environ 10% à plus de 40%. Le mouvement de relocalisation proche initié après le Covid par les entreprises pour se rapprocher du marché américain s’inscrit dans le prolongement de cette tendance, stimule à nouveau les perspectives d’investissements directs étrangers (IDE) et d’exportations, et soutient le moteur économique mexicain.
Ces gains à l’exportation devraient contribuer à contrebalancer le ralentissement attendu de la croissance cette année. Après une expansion de 3,3% en 2023, la croissance du PIB devrait être de l’ordre de 2,4% en 2024. Le marché s’attend à ce que les réductions de taux commencent au cours du premier semestre de cette année, alors que l’inflation de base a continué à baisser pour atteindre 4,8% en janvier.
Cette baisse des taux devrait entraîner une légère détente de la monnaie, alors que le peso a été fort par rapport au dollar américain, grâce à la bonne situation de la balance extérieure, étayée par des niveaux élevés des IDE et d’importants flux de transferts de fonds. Enfin, le gouvernement a proposé un budget pour 2024 qui augmenterait les dépenses de 8% en glissement annuel, ce qui équivaut à 1% du PIB.
Bon profil démographique
A plus long terme, le Mexique devrait profiter de son profil démographique. Plus de la moitié de sa population a moins de 30 ans, ce qui signifie qu’il est peu probable que l'économie soit confrontée à un problème de pénurie de main-d'œuvre. Même si le salaire minimum a doublé sous la présidence d’Andrés Manuel López Obrador, le Mexique reste compétitif. La délocalisation vers le Mexique restera une réponse naturelle à l’approvisionnement des marchés nord-américains.
Quelques risques existent néanmoins. L’administration López Obrador a surpris avec la modification inattendue de la réglementation applicable aux exploitants d’aéroports. Les élections générales du mois de juin (présidentielle, législatives et des gouverneurs) seront un test fort. Les élections américaines seront également importantes à suivre pour le Mexique, notamment parce que l’accord commercial États-Unis-Mexique-Canada (USMCA) doit être réexaminé en 2026.
Les valorisations actuelles des sociétés mexicaines semblent attractives
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