Pékin veut éviter une fuite en avant de la dette des gouvernements locaux
Le temps des mesures de relance aveuglement adoubées par les autorités centrales chinoises au nom de la croissance semble bien révolu. Si l’inquiétude est encore feutrée, le gouvernement met désormais en place des outils de contrôle plus stricts afin d’encadrer au plus près les finances publiques locales et de parer au pire.
L’agence chinoise de planification économique, la NDRC, aurait ainsi récemment imposé aux sociétés émettrices de dette d’obtenir l’aval de leurs créanciers avant d’entamer des restructurations d’actifs. Sans explicitement viser les gouvernements locaux, cette mesure devrait les empêcher de dépouiller de leurs collatéraux certaines des structures financières déjà existantes, dans le but d’en pourvoir de nouvelles et de continuer à lever des fonds.
C’est justement une telle pratique qui vient de pousser Chengxin International, une agence de notation chinoise détenue à 49% par Moody’s, à placer sous surveillance deux véhicules de financement de la province du Yunnan en vue d’une probable dégradation. Les transferts d’actifs prévus par ces deux sociétés pourraient selon l’agence diminuer leur capacité de remboursement.
Les gouvernements locaux chinois n’ont pas le droit d’émettre de la dette ou bien d’emprunter directement aux banques. Selon les résultats d’une mission nationale d’audit divulgués au mois de juin, plus de 10.000 structures de financement avaient été créées à fin 2010 dans le pays afin de lever des fonds. Ces structures détiendraient près de la moitié des 10.700 milliards de yuans de dettes contractées par les gouvernements locaux. Par ailleurs, la dette globale serait composée à 79% de prêts bancaires.
Après analyse de ce rapport, l’agence Moody’s estimait elle que le montant total des dettes n’était pas de 10.700 milliards de yuans, mais dépassait les 14.000 milliards, soit tout de même 1.500 milliards d’euros.
Loin de céder à la panique, le régulateur bancaire qui vient d’affirmer officiellement que les banques du pays pouvaient supporter une baisse de 50% des prix de l’immobilier, aurait, selon Bloomberg, officieusement prévenu celles-ci qu’elles n’avaient pas suffisamment provisionné les éventuelles pertes liées aux prêts accordés aux gouvernements locaux.
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