PAI Partners en passe d’acquérir Kiloutou
PAI Partners fait feu de tout bois et confirme la vigueur du marché du LBO (acquisition à effet de levier). Une semaine après avoir cédé sa participation dans Yoplait avec une belle plus-value à la clé, la société de gestion française de private equity a entamé des négociations exclusives avec Sagard Private Equity afin d’acquérir Kiloutou. Sagard, structure créée par la famille canadienne Desmarais, a confirmé hier très succinctement l’information parue dans Les Echos le matin même.
Plusieurs sources proches des protagonistes ont confirmé le montant de 535 millions d’euros proposé par PAI Partners et le fait que Sagard devrait rester au capital, réinvestissant 75 millions d’euros. Elles ont également confirmé que l’exclusivité n’a pas été remportée à l’issue d’un appel d’offres formalisé. En clair, le candidat à la reprise du loueur de matériel a préempté l’opération, alors que Sagard avait reçu de nombreuses marques d’intérêt depuis de longs mois.
Ce fait laisse supposer que PAI Partners, conseillé par Rothschild & Cie, a été particulièrement convaincant. Dans ce genre de cas, l’opération est en général préfinancée, le prétendant ayant déjà bouclé une dette d’acquisition avec une ou plusieurs banques. Une garantie pour le vendeur quant à la probabilité de conclure la transaction.
PAI Partners aura ainsi soufflé le dossier au nez et à la barbe de la famille Mulliez, qui lorgnait également Kiloutou. Un actif qu’elle connaît bien: la société a en effet été fondée en 1980 par Francky Mulliez, qui en a cédé la majorité à Sagard en 2005 pour 170 millions d’euros, tout en restant au capital. Un quart du personnel de Kiloutou est intéressé au LBO.
Pour Sagard, il s’agira de la deuxième cession depuis le début de l’année. En février, le fonds a cédé le gérant de hedge funds français Olympia à Richmond Park. Quant à PAI Partners, la firme de private equity est assurément la plus active depuis ces derniers mois. Outre les cessions de Yoplait et de Kwik-Fit, elle étudie celle de Spie, le groupe d’ingénierie électrique, dont la valorisation pourrait atteindre entre 1,5 et 2 milliards d’euros. «PAI Partners […] a décidé, en concertation avec le management de Spie, d’ouvrir la réflexion sur la prochaine phase de développement de l’entreprise et sur l’évolution de l’actionnariat», indique Spie dans son communiqué de résultats annuels.
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