Oséo met sur pied sa filiale dédiée à l’industrie
Annoncée fin janvier par Nicolas Sarkozy, la «banque de l’industrie» sera portée sur les fonts baptismaux vendredi. Oséo tient un conseil d’administration pour créer cette filiale spécialisée, Oséo Industrie. Dotée d’un capital d’un milliard d’euros, cette structure pourrait prêter jusqu’à 10 milliards, et même 20 milliards en ajoutant la part des financements privés.
Des détails restent à régler. Le Conseil des ministres de ce matin devrait redéployer un milliard d’euros de ressources non utilisées en provenance des investissements d’avenir. Les fonds propres d’Oséo Industrie proviendront de cette réallocation de fonds issus du grand emprunt, avec un coût nul pour le budget.
Le schéma capitalistique doit aussi être arrêté. Si Oséo souhaite détenir 100% de cette nouvelle filiale, une entrée de la Caisse des dépôts à son capital reste possible. Pour l’heure, il est prévu que l’Etat injecte l’argent au niveau de l’établissement public industriel et commercial (Epic) Oséo. Ce dernier s’en servira pour augmenter le capital de sa filiale à 61%, Oséo SA, qui dotera à son tour Oséo Industrie. La CDC, qui n’a pas tranché la question, pourrait accompagner l’augmentation de capital d’Oséo SA à due concurrence de sa quote-part (27,2%) pour ne pas se laisser diluer.
L’industrie ne sera cependant pas un métier nouveau pour la banque publique des PME. «Environ 40% des encours d’Oséo sont dédiés à ce secteur, et autant en termes de production (environ 5 milliards en 2011), a précisé hier son PDG François Drouin. Nous n’avons pas d’objectif précis de financement pour 2012, mais l’idée est d’accélérer avec l’impulsion de ces nouveaux fonds propres». L’an dernier, Oséo a mis en place 11,7 milliards de financement en partenariat avec des banques, dont 2,7 milliards de mezzanine.
Oséo a aussi accordé 1,9 milliard de prêts à l’innovation, 9,1 milliards de garanties, et financé 8,2 milliards de créances court terme. Son résultat net a quasiment doublé à 100 millions d’euros.
Pour accompagner cette montée en puissance et diversifier ses ressources, la banque publique entend rééditer l’expérience d’une émission obligataire. En septembre, elle avait levé un milliard d’euros à 12 ans pour sa première sortie sur le marché. Elle prévoit de lever 2 milliards d’euros d’obligations en 2012, tout en attendant des conditions plus favorables. Notée par Moody’s, Oséo a l’avantage de toujours bénéficier d’un AAA.
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