Nyse Euronext chasse sur les terres du LSE en cotant Eurotunnel à Londres
Nyse Euronext lance une pierre dans le jardin du London Stock Exchange (LSE). Présent outre-Manche sur les dérivés avec le Liffe, l’opérateur va inaugurer sa plate-forme de négociation actions, Nyse Euronext Londres. Eurotunnel, également coté à Paris, va y transférer ses titres listés sur le LSE le 19 juillet prochain.
La plate-forme a été lancée il y a deux ans pour attirer les groupes des pays émergents. Sans succès jusque-là. «Les émetteurs ont enfin une solution alternative pour se coter à Londres», se félicite Marc Lefèvre, responsable relations émetteurs listing Europe de l’opérateur.
L’opérateur se targue d’apporter de la liquidité et un carnet d’ordres unique à son futur client. Nyse Euronext compte attirer des sociétés qui sont déjà cotées sur le LSE et sur le continent, celles qui sont seulement sur le LSE et celles qui ne sont pas listées en Europe. Marc Lefèvre assure que plusieurs sociétés d’une capitalisation de plusieurs milliards d’euros sont intéressées par la nouvelle plate-forme. La route sera longue pour rivaliser avec le LSE, qui accueille quelque 1.400 entreprises sur son marché principal.
Du côté de la Bourse de Londres, on souligne avec ironie que cette initiative accrédite encore l’importance de la City. Le LSE n’hésite pas non plus à braconner sur les terres de son rival. Il s’est dit intéressé pour lancer une bourse dédiée aux PME dans l’Hexagone et a évoqué le lancement d’un marché obligataire pour les particuliers français.
De quoi hérisser Nyse Euronext qui n’a pas pu se rapprocher avec la Bourse de Francfort eta renoncé au LME. Le patron d’Eurotunnel, Jacques Gounon, attend en tout cas beaucoup de la plate-forme : «Mon objectif est d’augmenter la liquidité». Même si la société a un flottant important, les volumes quotidiens à Paris sont faibles (1 à 2 millions de titres) et presque nuls à Londres (quelque 1.000 titres).
«On a environ 65% d’investisseurs non français, notamment des fonds américains qui préfèrent effectuer leurs transactions à Londres plutôt qu’à Paris pour des questions de langue ou autre. Mais les investisseurs n’aiment pas être sur une place où le volume quotidien est très faible», reconnaît Jacques Gounon.
Le PDG se félicite de n’avoir plus qu’un seul prestaire et carnet d’ordres unique «Evidemment, il y a un aspect économique mais ce n’est pas mon premier objectif qui est d’être vraiment considéré comme un titre international».
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