Nomura gagne des marges de manœuvre après le relèvement de sa note

La banque japonaise récupère deux crans chez Moody’s grâce à l’amélioration de sa rentabilité et s’éloigne de la catégorie spéculative.
Amélie Laurin

Nomura sort de la zone dangereuse. Moody’s a relevé mardi soir de deux crans la note de crédit à long terme du courtier japonais, qu’elle avait placée il y a deux ans juste au-dessus de la catégorie spéculative. Nomura Holdings est désormais noté Baa1, un cran au-dessus de Morgan Stanley, et sa filiale Nomura Securities à A3, au même niveau que Deutsche Bank. Cela faisait neuf ans que l’agence américaine n’avait pas revu à la hausse la note de crédit du groupe japonais.

«Nous espérons profiter de ce relèvement grâce à un coût de refinancement plus faible et grâce à une croissance plus forte de notre activité, puisque que nous pourrons répondre aux critères de contrepartie de davantage de clients potentiels», a réagi Nomura. Faute d’une base de dépôts conséquente, le groupe dépend des marchés de crédit pour son financement. Une meilleure note devrait être bénéfique à sa division de fixed income (trading de taux et change), avait souligné la banque lors d’une journée investisseurs début août. Elle avait alors relevé son objectif de bénéfice par action à 100 yens (0,73 euros) d’ici à 2020, au lieu des 50 yens escomptés auparavant pour 2016 et d’ores et déjà atteints.

Moody’s a motivé sa décision par«l’amélioration des indicateurs financiers de Nomura, guidée par les changements en cours dans sa stratégie et son business model». Nommé en août 2012, le nouveau président du groupe a redressé les comptes en limitant les actifs illiquides au bilan et en réduisant la base de coûts, plombée par le rachat des activités asiatiques et européennes de Lehman Brothers qui devait permettre à Nomura de rivaliser avec les plus grandes BFI mondiales.

Après des profits au plus haut depuis huit ans en 2013-2014, le bénéfice net a tout de même fondu de 70% au premier trimestre 2014-2015 clos fin juin. Sur la même période, le PIB japonais a reflué de 1,8%. L’activité de courtage de Nomura pâtit de la faible demande pour les actions japonaises, après l’essoufflement de la politique de relance monétaire (Abenomics). Son cours de Bourse a lui-même fondu de 24% cette année.

Pour Moody’s, le profil de crédit du groupe reste de qualité moyenne, mais l’agence place désormais Nomura Holdings au même niveau que Standard & Poor’s (BBB+) et un cran en dessous de Fitch Ratings. Ce dernier a relevé son appréciation à A- en septembre 2013, en anticipation d’une nouvelle loi qui autorise Tokyo à prendre des mesures de sauvetage (bailout) pour les courtiers japonais.

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