Nomura arrête les frais en BFI aux Etats-Unis et en Europe
La faiblesse actuelle des marchés de capitaux a eu raison des ambitions de Nomura. Le courtier japonais a annoncé hier qu’il va « fermer certaines activités en EMEA » (Europe, Moyen-Orient, Afrique) et « rationaliser » son dispositif en Amériques. Il dévoilera l’ampleur des coupes et « un plan stratégique complet » le 27 avril, lors de l’annonce des résultats de son exercice annuel clos fin mars.
Outre l’arrêt de certaines activités de sa BFI (banque de financement et d’investissement), notamment dans les marchés actions, Nomura pourrait supprimer jusqu’à 1.000 postes dans les deux régions, assurait Bloomberg hier. Reuters évoque de son côté 500 à 600 suppressions en Europe, où le groupe comptait environ 3.400 salariés fin 2015, contre 2.500 aux Etats-Unis.
Nomura pourrait tout simplement sortir des marchés actions en Europe, selon Bloomberg. Un repli radical démenti par une source proche de la banque. « Nomura reste bien présent dans l’equity mais va se recentrer sur certaines activités comme les obligations convertibles et Instinet (sa plate-forme d’exécution de cash actions), précise la source à L’Agefi. Le courtier pourrait arrêter sa recherche sur les actions européennes mais préserver ses équipes européennes de vente et de trading d’actions asiatiques, selon Reuters.
Malgré plusieurs plans d’économies ces derniers années, Nomura a enregistré 325 milliards de yens (2,6 milliards d’euros) de pertes dans ses activités internationales en six ans, du début de son exercice 2010 à fin décembre 2015. Le courtier n’a jamais réussi à s’imposer comme une grande BFI mondiale en dépit du rachat, fin 2008, des activités européennes et asiatiques de Lehman Brothers. Aujourd’hui, Nomura prend acte de « l’extrême volatilité et (du) déclin significatif de la liquidité déclenchés par les incertitudes très élevées de l’économie globale », indique son communiqué.
Alors que JPMorgan ouvre aujourd’hui le bal des résultats trimestriels des banques internationales, Mediobanca a averti hier que les BFI européennes pourraient enregistrer des revenus historiquement bas. A fin mars, le volume mondial des fusions-acquisitions a chuté de 32% sur un an, l’equity capital market (introductions en Bourse et émissions primaires d’actions et de convertibles) de 47% et le debt capital market (émissions obligataires) de 50%, au plus bas depuis 2011, relèvent les analystes de la banque italienne.
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