Newedge prépare une scission de ses activités
C’est l’heure d’un nouveau virage pour Newedge. Le courtier spécialiste des dérivés listés, détenu à parité par Société Générale et Crédit Agricole, a dévoilé hier une restructuration radicale de ses activités. L’exécution des futures et options et la compensation seront ainsi séparées en deux entités juridiques distinctes «permettant une allocation plus efficace du capital et apportant une lisibilité plus grande pour les clients», selon les termes du communiqué.
Cette solution «mesurée et réfléchie face aux difficultés que rencontre notre industrie», selon le directeur général de Newedge, Nicolas Breteau, vise à répondre à l'évolution des marchés et de l’environnement réglementaire. Elle fait suite à un audit stratégique initié cet automne. D’après un rapport du cabinet Tabb Group daté du 6 décembre, les revenus des négociants-commissionnaires en contrats à terme (FCM) pour les dérivés listés aux Etats-Unis ont chuté de 42% sur les cinq dernières années. En outre, en isolant son activité d’exécution, le courtier sera soumis pour cette partie à des exigences en fonds propres moins sévères.
Cette réorganisation s’accompagnerait d’un effort en matière de réduction des coûts. Selon une source proche du dossier citée par Reuters, 450 postes, soit environ 16% des effectifs, pourraient être supprimés au cours des dix-huit prochains mois. La société compte des bureaux dans 16 pays et emploie 2.800 personnes. Le redressement de la rentabilité viendrait également d’une baisse des dépenses d’infrastructures et d’informatique.
Bien que ses propriétaires s’en défendent, assurant apporter un appui marqué à la stratégie proposée par la direction de Newedge, cette remise en ordre permettra de rendre la société plus présentable en vue d’une éventuelle cession par parties, alors que tout projet d’IPO semble au point mort.
L’acquéreur, nécessairement bien noté pour conforter le statut de contrepartie de Newedge sur le marché, devra composer avec une culture d’indépendance très forte chez Newedge.
Mais le courtier est très loin de se considérer comme une proie : «Ce plan nous permettra de nous positionner comme un vainqueur lors d’une phase de consolidation qui ne manquera pas de toucher l’industrie», a assuré Nicolas Breteau à Financial News.
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