Natixis se prépare à engranger d’autres pertes sur ses actifs à risque
François Pérol, le nouveau patron de l’ensemble Caisses d’Epargne– Banques Populaires, a demandé dimanche qu’on le laisse «travailler» au-delà des polémiques entourant sa nomination. Il ne croit pas si bien dire: un examen minutieux des comptes de Natixis, filiale à 72% du futur groupe, montre qu’il reste beaucoup de chemin à faire pour redresser la banque de gros.
A fin 2008, celle-ci portait 52 milliards d’euros d’actifs notionnels à risque destinés à être «éteints». Dans une étude publiée le 27 février, la société de Bourse Keefe, Bruyette & Woods (KBW) estime que ce portefeuille cantonné fera encore remonter des pertes dans les années qui viennent. «Natixis a besoin de passer 2,9 milliards d’euros de dépréciations supplémentaires sur 52 milliards d’expositions. A notre avis, certaines pourraient être enregistrées courant 2009», indiquent les analystes. Leur raisonnement se fonde sur l’analyse ligne par ligne du portefeuille de la banque d’investissement (voir tableau). Laquelle livre des résultats édifiants. Natixis n’a par exemple quasiment pas déprécié ses engagements en matière de prêts LBO, un domaine où les défauts sont encore rares mais commencent à se multiplier, ni ses titres adossés à l’immobilier britannique et espagnol, les deux marchés les plus touchés par la crise en Europe.
Cette masse d’actifs à risque –pas tous douteux, assurent le groupe et sa tutelle– obère les perspectives de Natixis, dont le titre est passé hier sous l’euro symbolique. Pour KBW, qui voit la banque perdre encore de l’argent en 2009 et 2010, les actionnaires n’ont donc pas fini de mettre la main à la poche, malgré la rallonge consentie par l’Etat.
Plus d'articles du même thème
-
Salzgitter devient l’actionnaire unique du sidérurgiste HKM
Le groupe allemand, qui reprend les parts de ThyssenKrupp et de Vallourec dans leur coentreprise, prévoit de supprimer 2.000 emplois dans cette société. -
L’Autorité de la concurrence a autorisé un nombre de concentrations record en 2025
Le gendarme français de la concurrence devrait peu sanctionner cette année, après avoir prononcé pour 379 millions d’euros d’amendes l’an dernier. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
DilemmesPrésidentielle : qui osera réformer le modèle social ?
Le modèle social français est une bombe à retardement. Qui sera prêt à la désamorcer ? Les candidats pour 2027 se font encore timides sur les grandes décisions à prendre sur la dépense et la nature du financement -
Casse-têtePartenaires sociaux : un réservoir d'idées encore inexploité sur le financement du modèle social
Pourtant experts sur la question, syndicats et patronat peinent à se retrouver pour caler un vrai débat sur le financement du modèle social avant l’élection présidentielle -
Volkswagen, toujours en crise, réfléchit à un nouveau plan d'économies
Les salariés s'opposent à la piste, évoquée dans la presse outre-Rhin, de la fermeture de quatre sites en Allemagne