Natixis regroupe ses équipes de recherche et réduit leur champ d’analyse

Le chef économiste Patrick Artus sera rattaché à la direction générale. Ses équipes rejoindront le pôle recherche de Christophe Ricetti
Amélie Laurin

Patrick Artus va devoir donner les clés de la recherche économique de Natixis à Christophe Ricetti. Déjà patron des analystes actions et crédit depuis le 1er octobre, l’ancien responsable de la communication financière de Natixis va bientôt diriger l’ensemble des équipes de recherche de la banque cotée de BPCE, indiquent à L’Agefi plusieurs sources proches. Patrick Artus, 62 ans, restera chef économiste et disposera encore de sept assistants et chargés de reporting.

Entré au comité exécutif en mai, il sera rattaché à Laurent Mignon, directeur général de Natixis, et ne gérera plus les équipes de recherche macroéconomique au quotidien. «Christophe Ricetti fera tourner la boutique mais il n’interviendra pas dans la production de la recherche», assure l’entourage de Patrick Artus. Un document interne stipule pourtant que ce dernier «n’aura plus à gérer les orientations stratégiques de la recherche économique». Il devra plutôt «focaliser son activité sur les thématiques et clients les plus stratégiques».

Pour abaisser les coûts et favoriser les études transversales, les économistes et analystes dépendront tous d’une même ligne métier logée dans la direction des marchés de capitaux, un modèle déjà en vigueur à la Société Générale. Les équipes seront réduites dans le cadre du plan de départs volontaires annoncé cet automne par la banque. Cinq des 19 postes d’économistes (macro et cross-assets) seront supprimés, une mesure justifiée par la direction par une baisse de la production. Ils n’assisteront plus Patrick Artus dans l’édition de ses notes et la fréquence de mise à jour des études pays diminuera de moitié pour la recherche Europe. Priorité sera donnée au nombre de «clics», donc à la zone euro.

La recherche actions perdra de son côté 11 postes d’analystes sur 52. Elle cessera de couvrir 73 des 378 valeurs boursières suivies aujourd’hui. L’automobile, les télécoms, les SSII et l’immobilier sont touchés. D’autres secteurs sont carrément supprimés: les mines et métaux, la chimie, le tourisme, les holdings et les services aux entreprises (travail temporaire et certification). Cette restructuration est liée au recentrage du courtage actions, structurellement déficitaire.

En revanche, les 13 analystes crédit ne sont pas touchés par ce plan, les produits de fixed income étant l’une des priorités de Natixis. Au total, la direction de la recherche comptera dans quelques mois 96 personnes, y compris les fonctions supports (édition, etc).

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