Natixis prépare les investisseurs à la nouvelle mouture de ses comptes
Pour s’y retrouver dans les comptes de Natixis au premier trimestre, les investisseurs auront pris soin de réviser la note explicative publiée hier par la banque. Le groupe a en effet changé un certain nombre de normes pour la préparation de ses résultats publiés le 9 mai. Les comptes 2012 intégreront surtout l’impact de l’opération P3CI, destinée à réduire les actifs pondérés en risque de Natixis.
La transaction, présentée aux analystes en 2011, consiste pour la banque à s’alléger du poids des exigences en capital liées à ses certificats coopératifs d’investissement (CCI) dans les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne. Ce risque a été transféré le 6 janvier à l’organe central BPCE SA, à qui Natixis a remboursé 2,3 milliards d’euros de titres hybrides et 4,6 milliards de dette senior. En contrepartie, la banque de gros a émis 6,9 milliards d’obligations dont la valeur garantit celle de ses CCI.
Alors que les coupons payés sur les titres subordonnés (167 millions par an) étaient considérés comme une distribution s’imputant sur les capitaux propres, les intérêts payés sur les P3CI rentrent intégralement dans le compte de résultat. «La charge d’intérêt de P3CI en compte de résultat (272 millions d’euros annuels avant impôt, nets du remboursement de financements seniors) sera comptabilisée dans le PNB de Natixis», indique le groupe. Elle sera imputée à hauteur de 139 millions à la banque de financement et d’investissement (BFI), 31 millions au pôle épargne, 30 millions aux services financiers spécialisés et 72 millions à la banque de détail. L’effet net de toute l’opération sur le résultat net attribuable aux actionnaires est de -11 millions.
Natixis a procédé à d’autres changements. L’allocation de fonds propres normatifs passe de 7% à 9% des encours pondérés moyens. Dans la banque de détail, le résultat tiendra compte du coût de portage des CCI. Le résultat résiduel de la trésorerie ne sera plus affecté à la BFI mais conservé dans le pôle «hors métiers».
En retraitant de la sorte les comptes 2011, le résultat avant impôt de la banque de détail l’an dernier retomberait ainsi à 317 millions au lieu de 439 millions. Celui de la BFI passerait de 979 millions à 1,066 milliard, pour une rentabilité après impôt de 11,6%. Les changements sur les autres pôles sont plus marginaux.
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