Natixis passe à l’offensive en gestion d’actifs
Natixis annonce la couleur. Avant la présentation, aujourd’hui, de son plan stratégique détaillé aux investisseurs réunis à Londres, la filiale cotée de BPCE a dévoilé hier les grandes lignes de sa feuille de route 2014-2017. Elle met l’accent sur son pôle épargne (assurance et gestion d’actifs) dont les revenus devront croître de 7 à 8% par an, contre seulement +5% attendus en banque de financement et d’investissement (BFI) et +3 à 4% dans les services financiers spécialisés (SFS). Au total, le produit net bancaire de Natixis devra atteindre 8 milliards d’euros en 2017, contre 6,4 milliards en 2012.
Evoquées depuis plusieurs années, des acquisitions dans la gestion d’actifs semblent désormais à sa portée. Natixis va débloquer 1,5 milliard d’euros de capital excédentaire pour cela, alors que sa maison-mère BPCE entend seulement consacrer jusqu’à 300 millions d’euros à des emplettes en Afrique subsaharienne. En attendant, la gestion d’actifs de Natixis mise sur une forte croissance interne : elle devra générer 75 milliards d’euros de collecte nette en quatre ans, dont 22 milliards provenant d’Europe.
L’objectif est ambitieux, comparé aux 40 milliards visés par BNP Paribas d’ici à 2016, mais à fin septembre, Natixis Global Asset Management (619 milliards d’encours) a déjà drainé 12,2 milliards d’euros. Le gestionnaire est porté par le dynamisme de sa palette de boutiques américaines qui contraste avec un pôle français, NAM, en décollecte chronique. La réorganisation des forces commerciales, déjà engagée, doit permettre d’inverser la tendance.
Ces investissements dans la gestion pèseront sur les coûts, tout comme l’élargissement du périmètre de Natixis Assurances annoncé la semaine dernière. Le coefficient d’exploitation du pôle épargne devrait encore atteindre 70% en 2017, contre 74,5% à fin septembre et 65% visés initialement pour ce métier dans le plan stratégique 2009-2012.
A l’échelle de Natixis, le ratio des coûts sur revenus devra baisser de 5 points pour descendre à 65% en 2017. La banque annonce une réduction de charges de 100 millions d’euros supplémentaires à partir de 2015, qui s’ajoute aux 300 millions d’euros d’économies annoncées fin 2012 (et réalisées à hauteur de 200 millions à fin septembre). 700 nouvelles suppressions de postes sont prévues. Leur détail sera communiqué aux élus du personnel ce vendredi et une charge de restructuration de 100 millions grévera les comptes du quatrième trimestre.
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