Natixis et Ageas s’associent à leur tour dans la dette privée
Ageas a annoncé la signature d’un partenariat avec Natixis dans les prêts aux entreprises. Concrètement, la banque de gros du groupe BPCE arrangera des financements qui seront majoritairement souscrits par l’assureur belge (issu du démantèlement du groupe Fortis). Afin d’assurer l’alignement des intérêts entre la banque et l’investisseur, Natixis conservera néanmoins sur son bilan «un important pourcentage préalablement convenu sur chaque opération».
Au terme d’une montée en charge de deux à trois ans, le montant de ce portefeuille de prêts aux entreprises –administré par Natixis– devrait atteindre deux milliards d’euros. L’équivalent de plus de 3% des placements d’Ageas au 30 juin 2012.
Cette initiative permet à Ageas de diversifier son allocation vers des actifs relativement sûrs, alors que la crise de la zone euro a montré qu’en dépit des recommandations des régulateurs, les obligations souveraines ne sont pas sans risque. Il s’agira de crédits adossés à des actifs d’infrastructures ou à leurs recettes (revenus locatifs, concessions, etc).
Par ailleurs, les futures règles prudentielles de Bâle 3 découragent les banques de conserver dans leur bilan les prêts accordés à leurs clients. Ces dernières privilégient donc une stratégie de désintermédiation (ou «originer et distribuer»), qui implique de transférer aux marchés-investisseurs les financements qu’elles arrangent.
Ces initiatives de placements privés, impliquant des assureurs, se sont multipliées dernièrement. Fin mai, Axa et la Société Générale ont signé un accord similaire; lors de la publication de ses comptes du deuxième trimestre, BNP Paribas a également indiqué discuter avec sa filiale d’assurance Cardif de la mise en place d’un tel mécanisme, lequel serait ouvert à d’autres investisseurs.
Parallèlement à cette annonce, Ageas a publié un résultat net de 305 millions d’euros au premier semestre, alors que le groupe avait enregistré une perte de 59 millions un an plus tôt. L’ensemble des activités sont en hausse: quadruplement des bénéfices en assurance vie (à 205 millions), doublement en non-vie (à 90 millions), tandis que le ratio combiné passe sous la barre des 100% (98,3%).
Le groupe a en outre déprécié son option d’achat sur les actions BNP Paribas de 278 millions d’euros, reflétant la chute du titre de la banque française.
Ageas a enfin annoncé un programme de rachat d’actions à concurrence de 200 millions d’euros, financé par le règlement du litige avec ABN Amro en juin dernier.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions anticipent toujours une résistance des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
BougeotteÇa swingue dans les conseils d'administration du CAC 40
Le renouvellement des conseils d’administration devient un sujet de stratégie à part entière. En France, les entreprises du CAC 40 ont davantage recruté en 2025 et privilégient les profils plus transversaux, souligne une étude du cabinet Heidrick & Struggles -
Force majeureCernés par la menace iranienne, Riyad et Abu Dhabi contraints de se reparler
Les deux pays du Golfe entretiennent une intense rivalité, mais les récentes avancées des Houthis au Yémen pourraient bien les pousser à se rapprocher -
MaydayTaxes et colère lycéenne : le budget de Sébastien Lecornu encaisse un atterrissage brutal
Pendant des semaines, le Premier ministre a préparé dans l'ombre son budget pour la France. A l'instant où il a allumé la lumière, la colère lui est tombée dessus