Nathaniel Rothschild ouvre les portes du LSE au charbon indonésien
Nathaniel Rothschild tient parole. En introduisant en juillet dernier à la Bourse de Londres son fonds Vallar, qui a levé 700 millions de livres, le financier avait promis un gros investissement dans le secteur minier. Il a annoncé hier une opération à 3 milliards de dollars avec les numéros un et cinq du charbon en Indonésie, Bumi Resources et Berau Coal Energy. JPMorgan et Credit Suisse épaulent respectivement l’acquéreur et les vendeurs.
Payée en cash et en titres, la transaction s’apparente en fait à un reverse takeover, qui permettra aux actionnaires de la cible de prendre le contrôle de l’entité combinée. Il s’agit de la famille Bakrie, actionnaire de référence de Bumi Resources, qui trouve ainsi le moyen de coter ses activités dans le charbon à Londres.
Pour acheter 25% du capital de Bumi Resources, Vallar émettra en effet au profit du vendeur 90,1 millions d’actions à 10 livres pièce. Valorisés à 1,58 milliard de dollars, les 75% de Berau seront réglés à hauteur de 739 millions en cash et moyennant l’émission de 52,3 millions d’actions. Cette prise de contrôle déclenchera une offre de rachat des minoritaires.
A l’issue de l’opération, la famille Bakrie détiendra 43% du capital de Vallar, contre 24,9 % pour Mutiara, propriétaire de Berau. Les actionnaires actuels du fonds et les dirigeants seront dilués respectivement à 28,3% et 3,8%. Bakrie nommera trois administrateurs (dont le président), le directeur général et le directeur financier. Le véhicule coté à Londres sera rebaptisé Bumi.
«Nous avons créé un champion national indonésien qui sera le premier fournisseur de charbon thermique pour la Chine, relevait hier Nathaniel Rothschild. L’activité doit produire 140 millions de tonnes par an à horizon 2013», contre 78 millions entre Bumi et Berau pour l’exercice 2010. Inspiré par le modèle de développement de Xstrata, le groupe cherchera aussi à se diversifier dans les métaux de base.
Les actionnaires de Vallar deviendront donc investisseurs dans la première société à capitaux indonésiens cotée sur le LSE. Si Nathaniel Rothschild leur donne «l’occasion de participer à une formidable histoire de croissance», la gouvernance du nouvel ensemble reste une inconnue. Des gérants indonésiens soulignaient les faiblesses du vendeur dans ce domaine. Le régulateur boursier indonésien a demandé cet été des éclaircissements sur les comptes de plusieurs sociétés de la galaxie Bakrie, dont Bumi.
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