Nasdaq OMX se veut serein sur les ajustements à apporter à la directive MIF
Même si la proposition de réforme de la directive sur les marchés d’instruments financiers ne sortira que début 2011, le débat est lancé, le Parlement européen débutant l’examen du rapport Swinburne. De passage la semaine dernière en Europe, le président de Nasdaq OMX, Bob Greifeld, a porté un regard plutôt serein sur les ajustements à apporter. «Bien sûr, vous avez un marché plus fragmenté», a-t-il déclaré à L’Agefi, «mais cette fragmentation est le corollaire de la concurrence. Si vous avez un seul acteur, bien sûr, il n’y a pas de fragmentation, mais personne ne veut revenir à cela». Depuis le rachat d’OMX il y a trois ans, Nasdaq a dans l’ensemble étendu ses activités en Europe avec, dernièrement, l’ouverture d’un marché flash sur l’électricité au comptant à Londres, qui sera complété en 2011 par un marché de dérivés. «Avec nos positions à Londres et dans les pays nordiques, nous sommes positionnés au cœur de l’Europe», a dit le dirigeant. Et de saluer au passage «la cohérence» des approches réglementaires en Europe et aux Etats-Unis qui facilite ces développements: «le marché apprécie».
Il n’empêche que Bob Greifeld relève deux évolutions inquiétantes, à commencer par le champ d’activité des plates-formes anonymes de négociation (dark pools) et des plates-formes d’appariement des banques (crossing networks). «Nous avons des objections à ce que les dark pools acceptent des ordres de petite taille», a-t-il dit, arguant que si un investisseur peut être fondé à se comporter en «passager clandestin» en ne participant pas à la formation du prix sur le marché transparent, cela doit rester justifié par la taille de ses ordres. Aux Etats-Unis, Nasdaq OMX tente d’ailleurs de faire revenir les ordres de grande taille vers ses carnets d’ordre avec une offre dédiée aux institutionnels. «C’est à nous de nous rendre plus attractifs pour les ordres de grande taille».
Autre inquiétude: «la tendance de certains participants à essayer de reconstituer des silos sur les marchés actions» en réintégrant négociation et compensation. «C’est une mauvaise pratique», a-t-il lancé à l’adresse de ses concurrents européens. EMCF, la plate-forme de compensation dans laquelle Nasdaq OMX détient une participation minoritaire et y est associé à Fortis, si elle doit permettre de «créer de la valeur pour les bourses nordiques», n’est pas conçue comme une infrastructure exclusive: «nous voulons provoquer un changement dans les prix de la compensation en Europe».
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