Nasdaq OMX se pose en concurrent frontal d’Euronext sur les dérivés actions
Le moment n’est pas encore venu pour les repreneurs putatifs d’Euronext d’abattre leurs cartes. Mais Nasdaq-OMX, qui fait partie des trois candidats possibles à la reprise avec le London Stock Exchange et Deutsche Börse, a déjà commencé à empiéter sur le terrain de la Bourse continentale. A Amsterdam, TOM (The Order Machine), une plate-forme électronique de trading dont elle détient 25% aux côtés notamment d’ABN Amro, a grignoté en deux ans 27% du volume du trading sur options néerlandaises et plus du tiers du trading des options sur indices, des marchés contrôlés jusque-là à 100% par Nyse Liffe.
Malgré la crise qui frappe les Bourses traditionnelles depuis l’introduction de MiFID, Nasdaq-OMX poursuit pied à pied son expansion sur le continent, tout en profitant de la bonne tenue de marchés scandinaves relativement épargnés par la crise. La part des valeurs nordiques dans le trading actions en Europe est passée de 6,5% à 10% entre 2008 et septembre 2013. Hans-Ole Jochumsen, vice-président exécutif de Nasdaq-OMX, estime que le creux de l’activité de trading actions lié au mouvement général de deleveraging dans les banques et les fonds est passé. «Le prix des actions est revenu à son plus haut niveau historique» dans ces pays, dit-il. Il s’attend à une reprise des introductions en Bourse après cinq années catastrophiques.
Sur les marchés scandinaves, la croissance du groupe passe avant tout par la diversification dans la compensation, pour laquelle la Bourse américaine offre aux banques nordiques un service sur toutes les classes d’actifs. Ailleurs en Europe, «la prochaine bataille concurrentielle se déroulera sur les marchés de dérivés, notamment actions», juge Hans-Ole Jochumsen. La Bourse a lancé en 2012 une plate-forme de négociation pour les dérivés de taux, NLX, sur laquelle elle est associée avec LCH Clearnet pour la compensation. Par ailleurs, TOM offre également du trading sur actions à la fois à Paris et à Amsterdam, en concurrence directe avec Nyse Euronext.
«Notre ambition est de créer une plate-forme paneuropéenne pour les actions», explique Han-Ole Jochumsen. De là à faire une offre sur Euronext, il y a un pas. Pour l’instant, tous les opérateurs du marché restent dans le flou quant aux conditions posées par les autorités françaises, néerlandaises, belges et portugaises à une éventuelle cession de la filiale continentale du groupe repris par ICE.
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