Nasdaq OMX doit encore expliquer son offre à l’autorité de la concurrence européenne
Bruxelles aura bel et bien un œil sur le projet de fusion entre Nasdaq OMX, Intercontinental Exchange (ICE) et Nyse Euronext rendu public la semaine dernière. Des dirigeants du groupe américain seront cette semaine à Bruxelles pour exposer les détails de leur projet aux autorités européennes. Robert Greifeld, le président de Nasdaq OMX a eu un entretien téléphonique avec le vice-président de la Commission, Joachim Almunia, pendant le week-end.
Il semble toutefois qu’en Europe l’opération initiée par Nasdaq soulève moins de questions du point de vue de la concurrence que le regroupement de Nyse Euronext et Deutsche Börse. L’essentiel des activités de dérivés résulterait du regroupement entre l’Américain ICE et le Britannique Liffe (Nyse Euronext), la bourse nordique OMX occupant une position relativement marginale. «Le rapprochement ICE/Liffe est plutôt de nature à renforcer la concurrence face à Eurex», assure une source industrielle. Mais nul ne sait pour l’instant sur quelle base l’autorité de la concurrence européenne évaluera les marchés pertinents pour les dérivés en fonction du type de produits et/ou des lieux de négociation.
Sur le marché de la compensation, le nouvel ensemble ne gère pas de silo en Europe, sauf pour les dérivés d’OMX. Le Nasdaq détient une participation de 22% dans EMCF, la plate-forme créée et détenue majoritairement par ABN Amro, qui fournit des services de compensation pour les actions au comptant à plus d’une vingtaine de bourses et de places de trading alternatives (MTF) en Europe. Et Nyse Euronext est en train de dénouer ses liens avec LCH.Clearnet.
Tout comme le rapprochement germano-américain, l’opération lancée par le Nasdaq et ICE devrait en outre être soumise en Europe à l’approbation des autorités de marché (cinq pour Nyse Euronext, plus quatre autorités scandinaves et trois baltiques pour OMX).
Elle intervient dans un contexte de grande incertitude réglementaire. L’essor des activités post-marché des dérivés dépendra largement du règlement dit EMIR actuellement en discussion. La concurrence sur le trading à la fois au comptant et pour les dérivés est suspendue à la révision de la directive Marchés d’instruments financiers. Le commissaire européen Michel Barnier a répété hier qu’il présenterait le projet en juillet.
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