Monier veut tourner la page de la restructuration en entrant en Bourse
Cinq ans après avoir repris le fabricant de tuiles Braas Monier à PAI, ses créanciers voient enfin le bout du tunnel. L’industriel allemand a annoncé hier son projet d’introduction à la Bourse de Francfort. «L’opération devrait avoir lieu d’ici à juillet si les conditions de marché se maintiennent. Elle permettra aux actionnaires de Monier de vendre une partie significative de leurs titres, tout en conservant entre 40 et 55% du capital dans l’immédiat», explique à L’Agefi une source proche des discussions.
Trois fonds se partagent actuellement le contrôle de la société: Apollo Global Management (à 19,2% fin 2013), TowerBrook Capital Partners (19%) et York Capital Management (16,3%), suivis de BNP Paribas à 10,1%.
«L’entreprise devrait être valorisée autour d’un milliard d’euros, hors dette», assure la source, confirmant les informations de Bloomberg sur une levée d’environ 500 millions d’euros. A la dette financière, refinancée en avril à hauteur de 565 millions d’euros, s’ajoutent près de 300 millions de provisions pour retraite. Cela porte la valorisation totale de Monier à «environ 1,8 milliard d’euros, soit environ 9 fois l’Ebitda attendu pour 2014». Un multiple comparable à celui de l’autrichien Wienerberger, premier producteur de tuiles en Europe et numéro un mondial des briques.
Monier compte tirer son épingle du jeu dans un marché boursier allemand peu actif, qui a connu la semaine dernière la cotation de l’équipementier auto Stabilus menée par le fonds Triton. Le groupe table aussi sur un rebond du marché européen de la construction, où il revendique la première place sur les ventes de tuiles dans plusieurs pays (Allemagne, Italie…). Son chiffre d’affaires est reparti à la hausse au premier trimestre, après avoir baissé de 6,6 % l’an dernier à 1,23 milliard d’euros. Des mesures d’économies supplémentaires doivent aussi permettre d’améliorer ses flux de trésorerie. Monier compte aujourd’hui 7.400 salariés, 2.000 de moins qu’en 2011. Le groupe viserait environ 200 millions de résultat opérationnel cette année, après 160 millions l’an dernier et 132 millions l’année précédente.
D’autres opérations d’ampleur sont en cours dans le secteur du BTP. Outre la fusion des géants du ciment Lafarge et Holcim, l’allemand HeidelbergCement veut coter ses divisions britannique et nord-américaine. En France, Spie prépare son IPO tandis que Wendel poursuit sa vente par appartements des matériaux Materis.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : Christine Lagarde envisage de quitter la BCE pour jouer un rôle dans l’élection
Dans un entretien paru le 3 juillet, la présidente de la Banque centrale européenne dit vouloir faire entendre une « voix européenne » dans le débat autour de la prochaine présidentielle française. Sans envisager de candidature à ce stade, Christine Lagarde n’exclut pas de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat, prévue en octobre 2027 -
Face à la Chine, l’UE se dit prête à mobiliser tous ses outils de défense commerciale
La Commission européenne maintient le dialogue avec Pékin, mais prévient qu’elle est prête à réagir si les négociations sur les tensions commerciales n’aboutissent pas -
Trump transforme les 250 ans de l'indépendance américaine en grand show politique
Les Etats-Unis célèbrent, ce samedi 4 juillet, les 250 ans de leur indépendance. Mais entre discours de Donald Trump, feu d’artifice géant et organisation parallèle proche du président, cette fête nationale historique prend aussi des airs de meeting grandeur nature pour le président américain