Mercuria s’impose dans les matières premières en achetant le pôle de JPMorgan
Mercuria n’a désormais rien à envier à Glencore Xstrata, Trafigura ou Vitol. Pour ses 10 ans, la maison de négoce genevoise s’offre l’activité de courtage physique de matières premières de JPMorgan. Mercuria va débourser 3,5 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) en numéraire à la clôture de l’opération prévue au troisième trimestre, a annoncé hier la banque américaine. En négociations exclusives depuis un mois, la société suisse a damé le pion au fonds Blackstone et à la banque Macquarie, et payé davantage que les 3,3 milliards annoncés dans des documents préliminaires de JPMorgan.
Première division bancaire de matières premières absorbée par un acteur non régulé, l’activité cédée par JPMorgan totalise 3,3 milliards de dollars d’actifs et générerait 750 millions de résultat opérationnel annuel, avant rémunération de ses 600 collaborateurs. Elle comprend des contrats d’acheminement du gaz et de l’électricité en Amérique du Nord ou encore des entrepôts de stockage de barils de pétrole et de métaux.
Quatrième courtier indépendant de matières premières, Mercuria a dépassé 100 milliards de dollars de volume d’affaires l’an dernier pour 400 millions de profits. Spécialiste des produits pétroliers, la société s’est diversifiée dans les métaux, le gaz, l’électricité et les denrées agricoles. En deux ans, ses effectifs ont doublé pour atteindre 1.200 personnes entre Genève, Londres, ou Singapour.
Passés par Cargill, Goldman Sachs et Sempra, ses fondateurs Marco Dunand et Daniel Jaeggi se sont lancés en 2004 avec une poignée de collaborateurs. Ils possèdent chacun 15% de Mercuria, leurs salariés 50%, le reste étant aux mains de partenaires historiques en Pologne. Mercuria exclut une cotation à la Glencore mais cherche un investisseur asiatique susceptible de racheter jusqu’à 20% de son capital. «Notre modèle est à mi-chemin entre un courtier traditionnel et une banque», a déclaré Marco Dunand à Reuters.
La vente de la franchise de JPMorgan, fruit d’acquisitions récentes, ne devrait pas avoir un «impact significatif» sur les comptes de la banque. Outre le rachat de Bear Stearns en 2008, le géant de Wall Street avait déboursé 1,6 milliard de dollars pour RBS Sempra en 2010. Son désengagement partiel (hors financement, tenue de marché, métaux précieux) fait suite aux menaces d’interdiction du courtage physique aux banques américaines et à une pénalité de 410 millions de dollars pour manipulation du cours de l’électricité.
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