Markit accepte une valorisation moindre pour s’introduire en Bourse

Les actionnaires du service d’informations financières comptent retirer au maximum 1,14 milliard de dollars de l’opération
Antoine Landrot

En 2013, l’entrée du fonds souverain Temasek au capital de Markit avait valorisé le service d’informations financières près de 5 milliards de dollars hors dette. Le prospectus d’introduction en Bourse (IPO) déposé hier par le concurrent de Bloomberg et de Thomson Reuters montre que ses actionnaires admettent une légère baisse de sa valeur.

Ceux-ci ont l’intention de céder plus de 45,7 millions d’actions (avec une option de surallocation portant sur 6,86 millions de titres au maximum) sur le Nasdaq, pour un prix unitaire compris entre 23 et 25 dollars. Ils espèrent donc retirer entre 1,05 et 1,14 milliard de dollars. Markit atteindrait donc au maximum une capitalisation de 4,47 milliards (3,28 milliards d’euros).

En 2011, la montée au capital du fonds General Atlantic valorisait la société à 3 milliards. Markit (fondé en 2003) a depuis fortement grossi, notamment grâce à des acquisitions (Data Explorers Group et Cadis Software en 2012). Mais l’horizon s’est ensuite quelque peu chargé.

La société, particulièrement active dans le traitement de données complexes sur les marchés de taux et de dérivés de gré à gré, est inquiétée par les autorités. Markit fait partie des 15 sociétés formellement accusées en 2013 par la Commission européenne d’entorses au droit de la concurrence sur le marché des dérivés de crédit. La société est également sous le coup d’une enquête de la justice américaine et d’une action de groupe pour le même motif. Le risque juridique – désormais très regardé par les investisseurs – existe bel et bien. Par ailleurs, après avoir progressé de 11% en 2013 à 140 millions d’euros, le bénéfice net de Markit a reculé de 21% au premier trimestre 2014.

L’opération n’inclut pas l’émission d’actions nouvelles. Aujourd’hui, les actionnaires principaux de Markit sont certains salariés et ex-salariés (regroupés dans un trust qui contrôle 12,46% du capital), General Atlantic (11,5%) et Temasek (10,5%). Douze banques, dont JPMorgan, Bank of America (BoA), Deutsche Bank et Goldman Sachs, détiennent conjointement 51% de Markit. Elles figurent aussi parmi ses clients. Ces liens pourraient à terme freiner le développement de la société. Les banques sont logiquement les actionnaires qui s’allégeront le plus. JPMorgan pourrait passer de 8,24% à 6,07% et BoA de 8,1% à 4,6%. BNP Paribas, seul établissement français, passerait de 2,45% à 1,8%.

Pas moins de 15 banques travaillent sur l’IPO. Parmi elles, BoA, Barclays, Citigroup et Credit Suisse.

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