Mario Draghi dénonce la montée des tendances protectionnistes
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a fermement défendu le libre-échange dans son discours prononcé vendredi soir lors du séminaire de Jackson Hole dans le Wyoming. « Un virage vers le protectionnisme créerait de sérieux risques pour la poursuite de la croissance de la productivité et pour le potentiel de croissance de l'économie mondiale », a estimé le dirigeant. « Sans un potentiel de croissance plus forte, la reprise cyclique que nous constatons actuellement au niveau mondial convergera à terme vers des taux de croissance plus lents », a-t-il ajouté, en soulignant l’importance des organisations multilatérales, comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le G20.
Il a également averti que l’allégement des réglementations mises en place après la crise financière de 2008 pourrait raviver les incitations qui ont conduit à cette crise. Mario Draghi vise ainsi certaines parties du programme du président américain Donald Trump, qui a menacé de retirer les Etats-Unis des accords de libre-échange et appelé à un allégement de la réglementation Dodd-Frank.
Le banquier central s’est par ailleurs dit convaincu du bien-fondé de la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE, même s’il faudra encore du temps pour que l’inflation en zone euro converge vers l’objectif de 2% fixé par l’institution « parce que les tendances du marché du travail et la faible productivité ne sont pas des facteurs susceptibles de disparaître dans un avenir proche ». Il a noté que les capacités excédentaires de main-d’œuvre freinaient la hausse des salaires.
L’euro a atteint son plus haut niveau depuis janvier 2015 face au dollar suite à ce discours, dans lequel le président de la BCE n’a pas exprimé d’inquiétude sur la fermeté de la devise européenne comme l’attendaient certains analystes. Après avoir touché un pic de 1,1940 dollar, la monnaie unique a légèrement réduit ses gains en se traitant autour de 1,1925 dollar, en hausse de plus de 1% par rapport au billet vert.
En l’absence d’indication sur l’évolution de la politique de rachats d’actifs (QE) de la BCE, les économistes d’ING tablent sur un rythme de rachats mensuels passant « de 60 milliards d’euros actuellement à 30 milliards d’euros à compter de janvier 2018 pour une durée d’au moins 6 mois, combiné à un élargissement de la liste des actifs éligibles au QE ».
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