Mario Draghi annonce un faux «tapering»
La BCE a annoncé jeudi à la fois une prolongation et une baisse de son programme de rachats d’actifs. De 80 milliards d’euros par mois jusqu'à mars 2017, celui-ci sera prolongé jusqu’en décembre 2017, «ou au-delà si nécessaire» mais à raison de 60 milliards d’euros seulement à compter d’avril. Les critères techniques d’achat d’actifs ont également été modifiés, avec l’abandon du taux plancher (-0,40%) des rachats de dettes gouvernementales et une baisse de 2 ans à 1 ans de la maturité minimale des dettes éligibles aux achats.
La banque centrale se laisse la possibilité d’augmenter à nouveau la taille ou la duration de son programme d’achats en cas de dégradation des perspectives d’inflation. Le communiqué de la BCE a immédiatement fait grimper les rendements en zone euro, de 10 pb par exemple pour le Bund allemand à 10 ans, à 0,44%. Les courbes des taux se sont pentifiées, les rendements à 2 ans baissant.
Le consensus des économistes s’attendait à ce que le programme d’assouplissement quantitatif lancé en mars 2015 soit prolongé de six mois. En revanche, la probabilité d’une annnonce d’une baisse du montant des rachats était jugée réduite, surtout quelques jours après le «non» italien au référendum sur la réforme constitutionnelle, qui plonge l’Italie dans l’instabilité politique.
Lors de sa conférence de presse, Mario Draghi, président de la BCE, a réfuté le terme de «tapering», qui s’applique selon lui à une baisse progressive jusqu'à zéro du montant des rachats.
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