Louis Dreyfus Commodities promet d’installer sa gouvernance dans la durée

Le directeur général Ciro Echesortu, nommé il y a moins d’un an à la tête du groupe de négoce de produits agricoles, a décidé de prendre du champ
Antoine Duroyon

Géant du négoce des produits agricoles cherche son directeur général. Le conseil de surveillance de Louis Dreyfus Commodities, qui compte trois nouveaux membres de plus depuis la mi-avril, s’est lancé à la recherche d’un nouveau patron pour pallier le retrait de Ciro Echesortu, nommé responsable de la stratégie après moins d’un an passé à la tête du groupe. Le directeur financier Claude Ehlinger assurera l’intérim à compter du 1er juin.

Selon le Financial Times, la piste d’un recrutement externe est privilégiée. Ce nouveau bouleversement dans le secteur du négoce de matières premières suit les sorties précipitées, pour des raisons toutefois différentes, de Claude Dauphin chez Trafigura et de Gennady Timchenko chez Gunvor.

«Il y a un an, nous avons décidé avec M. Echesortu de démarrer une phase de transition sous sa direction, avec pour objectif d’adapter notre stratégie et d’accélérer la transformation du groupe afin de renforcer notre position dominante dans l’industrie», a rappelé Margarita Louis-Dreyfus, dont la fiducie familiale Akira détient 65,1% du holding de tête de Louis Dreyfus Commodities. Grâce à une «solide performance en 2013», en dépit d’une chute de 34% du bénéfice net ajusté des activités poursuivies après un exercice 2012 record, elle estime que «les conditions sont désormais réunies pour mettre en œuvre une solution [de gouvernance] à plus long terme». Le groupe réorganise son modèle afin d’être «plus agile, plus léger» et se rapprocher ainsi de la structure d’un groupe coté. Pour soutenir son expansion, il prévoit d’investir 4 milliards de dollars dans des actifs de taille moyenne d’ici à 2018. Un effort qui doit lui permettre de doubler de taille à cet horizon.

A cet effet, Louis Dreyfus Commodities a diversifié et élargi ses sources de financement. Selon son dernier rapport annuel, la dette obligataire représentait à fin 2013 environ 34% du total. Cette ouverture pourrait à terme déboucher sur une introduction en Bourse. «Si à un moment donné nous considérons - non pas pour des raisons financières mais pour des raisons stratégiques - que nous devons travailler avec un partenaire ou le marché boursier, alors nous serons prêts», déclarait en mars Margarita Louis-Dreyfus lors du Financial Times Global Commodities Summit.

Une IPO représenterait un tournant majeur pour un groupe familial dont les racines remontent jusqu’au milieu du 19e siècle.

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