« L’origine du problème est l’asymétrie d’information entre les acteurs »
Titre original : Rents, learning and risk in the financial sector and other innovative industries
Fondation / Centre de recherche : Chaire de recherche FBF IDEI «Chaine de valeur des marchés financiers et de la banque d’investissement»
Sur quels aspects de la vague d’innovation financière porte votre étude ?
Notre étude, lancée fin 2006, porte sur la vague d’innovation financière, déclenchée, depuis le début des années 2000, par la déréglementation, l’apparition de nouveaux produits comme les dérivés de crédit et les nouvelles technologies de l’information. Ces innovations ont attiré un flux de ressources considérable. Mais une incertitude demeurait quant à leur fiabilité, à l’éventualité d’un défaut pouvant survenir dans le système. Nous étudions comment les acteurs ont pris en compte cette incertitude. Une autre caractéristique majeure de cette vague d’innovation est l’asymétrie d’information entre les professionnels qui la développent et les investisseurs finaux qui la financent. Les traders et les banquiers ayant structuré les produits qui se sont révélés «toxiques» avec la crise détenaient une information que n’avaient pas les régulateurs, les actionnaires, ni même les supérieurs hiérarchiques des opérationnels dans les banques.
A quels résultats vous conduit ce modèle ?
Les succès de la vague d’innovation pendant la première moitié de la décennie ont inspiré une confiance croissante en sa solidité. Cette confiance a d’abord attiré de plus en plus de ressources vers le secteur financier. Mais l’impression de sécurité qu’elle a produite a conduit les «insiders» du système financier à une prise de risque elle aussi croissante, permise par l’asymétrie d’information qui empêchait investisseurs finaux et régulateurs de contrôler précisément les opérationnels. La réalisation ultime de ces risques a donné lieu à la crise.
Comment régler cette contradiction ?
L’origine du problème est l’asymétrie d’information entre les acteurs. Pour la réduire, il faut améliorer la transparence. Une grande partie des innovations financières s’est développée sur les marchés de gré à gré. Ces marchés sont souvent opaques. Il faut les remplacer par des marchés organisés, transparents et munis de chambres de compensation. En rendant possible l’observation des volumes et des prix de transactions, ces marchés permettent aux investisseurs finaux de mieux contrôler les intermédiaires. En permettant aux régulateurs d’observer les positions à risques, les chambres de compensation rendent possible une limitation du risque systémique.
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