L’or s’affirme comme une alternative aux actifs «sûrs» en dollars
Depuis qu’il a commencé à percer au début de l’année 2024, le prix de l’once d’or a augmenté de plus de 1.000 dollars. Il a connu une période particulièrement faste au premier trimestre 2025, atteignant un record de plus de 3.500 dollars mi-avril. Cette hausse n’est probablement pas finie, en réaction aux conséquences de la politique de Donald Trump.
Le programme protectionniste du président américain est stagflationniste. Les économistes de Schroders estiment l’impact des droits de douane annoncés lors du “Liberation day” du 2 avril à 2% sur l’inflation américaine et à près de 1% sur la croissance du pays, avant la prise en compte d'éventuels droits de douane de rétorsion des pays visés.
Plus largement, la volonté de lutte contre les déficits de l’administration Trump illustre les rejets de la mondialisation et du régime monétaire mondial centré sur le dollar américain dans lequel l'économie vit depuis la fin des accords de Bretton Woods en 1971. Depuis, le dollar américain a été la principale monnaie de réserve mondiale, avec pour les Etats-Unis une position nette d’investissement international négative de 26.000 milliards de dollars. L’attaque actuelle contre le système commercial mondial change la donne et pourrait entraîner d’importants flux de rapatriement des capitaux.
Un effet conjugué des banques centrales et des investisseurs
Dans ce contexte, il faut s’attendre à ce que l’or soit l’un des principaux bénéficiaires de cette politique. Dans un scénario où la demande déjà forte des banques centrales est rejointe par un appétit grandissant des investisseurs internationaux, les prix de l’or pourraient facilement évoluer beaucoup plus haut, avant que l’augmentation de l’offre recyclée et la destruction de la demande de joaillerie nécessaires pour équilibrer le marché. A elle seule, l’offre minière ne peut pas réagir rapidement, même à des prix beaucoup plus élevés.
Dans le contexte actuel, aucune autre matière première majeure n’est proche de son plus haut niveau historique, et encore moins au-dessus. Le cas de l’or s’explique donc par le fait qu’il s’apprécie en tant qu’actif monétaire, et non en tant que matière première. Un prix de l’or à 5.000 dollars l’once d’ici la fin de la décennie ne semblait pas être un scénario farfelu il y a douze mois. Il semble aujourd’hui franchement conservateur.
La stagflation peut être douloureuse pour les actifs à risque, mais elle a tendance à être très favorable à l’or
Plus d'articles du même thème
-
Imerys ouvre la voie à une souveraineté française dans le lithium
Un décret a octroyé au spécialiste des minéraux industriels la concession de la mine de Beauvoir jusqu’en mai 2075. Celle-ci contient deux autres matières premières critiques et de l’étain. -
BHP et Anglo American affichent un recul de leur production de cuivre
Les deux groupes miniers, victimes de graves perturbations météorologiques au Chili, confirment néanmoins leur objectif de production annuelle pour le métal rouge. -
La FAO mobilise des investisseurs pour renforcer les systèmes agricoles vulnérables
L’Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation a collecté plus de 20 milliards de dollars pour renforcer les systèmes agricoles des communautés les plus vulnérables, dont certaines seront affectées par le phénomène El Niño.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
Tirs à Trappes et à La Verrière : Macron dénonce un « attentat » commis « sur la base d’une idéologie raciste »
Pour le président de la République, la nation est à « un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ». Des propos critiqués par Jordan Bardella, Jérôme Guedj ou encore Sarah Knafo -
RépitMoody's maintient sa note, la France garde son crédit
Surprise vendredi soir, l'agence Moody's a maintenu sa note Aa3 pour la France, avec perspective négative. Sébastien Lecornu a salué une décision qui « déjoue les pronostics déclinistes ». -
Arrête-moi si tu peux« On ne va pas faire campagne six mois comme ça » : à Amiens, Raphaël Glucksmann cherche à contourner l’obstacle LFI
Le candidat social-démocrate a consacré son premier déplacement post-primaire à la jeunesse, tout en justifiant son choix de ne pas aller dans des manifestations lycéennes où il fait face à un climat d’hostilité entretenu, selon lui, par l’extrême gauche