L’Opep part en quête d’un accord à Alger
A priori, toutes les conditions seraient remplies pour qu’un accord sur un gel, voire une réduction de la production de pétrole soit trouvé cette semaine à Alger. Mais les dissensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran risquent encore se révéler trop importantes. Réunis à l’occasion du Forum international de l’énergie jusqu’à mercredi, les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se rencontreront en marge du sommet pour tenter de trouver un accord convenable pour tous.
Sans accord, le surplus de pétrole sur le marché pourrait s’élargir l’année prochaine en cas de rebond de production en Libye ou au Nigeria. Par ailleurs, la demande chinoise, tirée par sa politique de remplissage des stocks stratégiques, risque d’offrir moins de support dans les mois à venir. Natixis anticipe ainsi une surproduction de 700.000 barils par jours (bpj) en 2017.
D’autre part, alors que leur niveau de production atteint des sommets, la Russie comme l’Arabie saoudite ont indiqué qu’elles étaient prêtes à réduire leur production. L’Arabie saoudite diminue habituellement sa production en hiver et la Russie fait face à la baisse de rendement de certains de ses champs pétroliers, mais cela leur permet d’afficher leur bonne volonté. Lors de discussions tenues à Vienne en fin de semaine dernière, Riyad aurait ainsi demandé à l’Iran de geler sa production en échange d’une baisse en Arabie saoudite.
«C’est un très bon moment pour trouver un accord, estime Abhishek Deshpande, en charge de la recherche sur le pétrole à Natixis. L’Iran est en manque d’investissement et ne devrait pas pouvoir augmenter sa production dans les prochains mois et l’offre de l’Arabie saoudite est meilleure que ce à quoi nous nous attendions.» Interrogé par L’Agefi, Kalil Djebali, analyste chez XTB France, se montre ainsi optimiste sur l’issue des discussions, notant qu’aux prix actuels les pays producteurs «ne rentrent pas dans leurs frais, ni au niveau du coût des infrastructures, ni au niveau fiscal».
Abhishek Deshpande demeure néanmoins réservé, estimant à 1 sur 4 les chances d’un accord. «Il y a eu beaucoup d’annonces mais peu de substance jusqu’à présent, et les différences entre l’Iran et l’Arabie saoudite restent énormes.» Vendredi soir, Riyad laissait de nouveau entendre qu’il ne s’agirait que de consultations à Alger, laissant la porte ouverte à un accord en novembre à Vienne lors de la prochaine réunion de l’Opep.
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