Lone Star prend la dernière ligne droite pour le rachat de Cœur Défense
Axa Real Estate pourrait bien devenir son propre bailleur. De sources financières, le gestionnaire d’actifs immobiliers aurait souscrit l’essentiel de la dette qui a servi à refinancer le rachat par Lone Star de l’immeuble Cœur Défense, dans le quartier d’affaires francilien. Un bâtiment qu’Axa RE connaît bien, puisque sa maison-mère Axa IM et les sociétés sœurs du gestionnaire immobilier en sont les premiers locataires. Aucune des parties prenantes ne souhaite faire de commentaires.
Le fonds d’investissement américain Lone Star a dévoilé début février son intention de racheter Cœur Défense en mettant la main sur Dame Sarl & Partners SCA, la structure de tête qui coiffe les deux holdings (Dame et Hold) propriétaires de l’immeuble. L’acquisition de cette entité luxembourgeoise a été bouclée le 7 mars une fois obtenu le feu vert de l’Autorité de concurrence.
Les porteurs obligataires doivent maintenant se prononcer le 21 mars sur l’opération, selon l’avis de convocation publié vendredi dernier par Windermere XII, le fonds commun de titrisation qui avait émis les 1,65 milliard d’euros de dette ayant servi, en 2007, à financer l’acquisition du complexe de bureaux par Lehman Brothers. Il faudra que les trois quarts (75,5%) des porteurs de chaque classe donnent leur feu vert.
En cas de feu vert, le FCT touchera 1,3 milliard d’euros de principal ainsi que 3,9 millions d’intérêts. La somme permettra aux porteurs des tranches A et B, catégorie la plus senior où l’on trouvait à l’origine des établissements comme CNP, Dexia ou BNP Paribas, de recouvrer début avril l’intégralité de leur créance. Pour mener à bien la transaction, Lone Star Real Estate s’appuie sur un financement de 910 millions d’euros structuré par Bank of America Merrill Lynch, et dont Axa Real Estate aurait donc souscrit la quasi-totalité.
Le tribunal de commerce devra aussi se prononcer sur le plan, puisque les holdings Dame et Hold font l’objet depuis 2008 de procédures de sauvegarde. L’administrateur judiciaire Christophe Thevenot ira plaider pour cette solution lors d’une audience prévue autour du 31 mars. L’accord ne fait guère de doute, sans quoi l’étape suivante serait la liquidation en juillet prochain. Lone Star sera alors parvenu à ses fins au terme d’une manœuvre habile: il a d’abord pris position dans ce dossier en rachetant le gros des tranches juniors de la dette.
Plus d'articles du même thème
-
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux. -
Worldline maintient ses perspectives annuelles
Le spécialiste des paiements confirme ses perspectives annuelles après une hausse organique de l'activité. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe dirigé par Pierre-Antoine Vacheron prévoit de brûler 40 à 60 millions d'euros de cash. -
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester -
Caméléon« Emmanuel Macron est à la fois le premier sponsor des réseaux sociaux et un lanceur d’alerte »
Après les violences du 17 octobre, le président de la République relance l’idée de restreindre, voire de couper l’accès aux réseaux sociaux en cas d’émeutes. Sans aller jusqu'à parler de virage autoritaire, le député Renaissance des Côtes-d’Armor Eric Bothorel met en garde contre « une pente dangereuse ».