Londres resserre ses liens financiers avec la Chine
En visite officielle à Pékin pendant cinq jours, le ministre des Finances britannique George Osborne en a profité pour renforcer la position de Londres comme centre incontournable de la devise chinoise, le yuan.
Dans le cadre du dialogue financier et économique avec la Chine (Economic and Financial Dialogue), le chancelier de l’Echiquier, conjointement avec son homologue, le vice-premier ministre Ma Kai, a annoncé que les établissements financiers britanniques seraient désormais autorisés à demander une licence d’exploitation afin d’investir directement en Chine jusqu’à 80 milliards de yuans (9,6 milliards d’euros). Jusqu’à présent, ces sociétés devaient au préalable passer par des contreparties à Hong Kong avant de pouvoir investir dans des actions et des obligations chinoises, ce qui avait pour effet d’alourdir les coûts, selon un communiqué.
Cet accord, qui se fait dans le cadre du programme d’investisseur institutionnel étranger admissible (qualified foreign institutional investor, QFII), s’intègre dans une volonté politique plus large de la part de Pékin de relâcher graduellement ses contrôles en matière de devises et de capitaux. Pour Londres, la conclusion de ces négociations devrait aussi permettre aux établissements financiers britanniques d’attirer davantage de flux en provenance de la Chine.
Dans un effort de resserrement des liens entre les deux pays, Londres a également indiqué que l’autorité de supervision britannique, la PRA, allait examiner la possibilité pour les banques chinoises implantées à Londres (ndlr: les cinq plus grosses banques chinoises y sont présentes) de gérer des opérations de gros au travers d’agences.
La conclusion de ces accords s’ajoute aux négociations déjà abouties sur le renforcement du rôle de Londres dans le yuan. En septembre 2011, le chancelier de l’Echiquier avait signé un accord dans ce sens avec le gouvernement chinois. En juin, la BoE a signé avec son homologue chinois un arrangement bilatéral sur trois ans de swaps de devises en yuans et livres.
Les efforts des deux pays semblent déjà avoir porté leurs fruits : la place financière londonienne recouvre actuellement 62% de l’ensemble des transactions conduites en yuan à l’extérieur de la Chine et de Hong Kong tandis que 28% des paiements internationaux en yuan sont réalisés outre-Manche. Soit plus qu’à Singapour.
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