Londres prévoit d’enclencher la procédure du Brexit avant fin mars 2017
Le calendrier de sortie de l’Union européenne (UE) se précise outre-Manche. Le Premier ministre britannique, Theresa May, a fait savoir hier qu’elle invoquerait «avant la fin du mois de mars l’année prochaine» l’article 50 du Traité de Lisbonne, ce qui donnera le coup d’envoi à deux ans de discussions particulièrement complexes entre Londres et les 27 membres restants de l’UE. Développant son propos lors d’une allocution devant les délégués conservateurs réunis en congrès à Birmingham, la dirigeante a répété que le Brexit ne se ferait pas d’une manière brutale.
«Il ne peut pas y avoir de retrait soudain et unilatéral. Nous devons sortir suivant une procédure acceptée légalement par la Grande-Bretagne et par les autres Etats membres», a-t-elle affirmé. Plaidant pour une «transition en douceur», Theresa May a précisé que le Parlement britannique serait invité à décider quelles lois européennes resteront en vigueur au Royaume-Uni. Elle n’a toutefois pas apporté de précisions explicites sur la question de savoir si elle ferait passer le contrôle de l’immigration avant les intérêts commerciaux du pays.
«Ce que nous voulons est la meilleure sortie pour le Royaume-Uni, pas la plus rapide», a martelé le ministre du Commerce Liam Fox, refusant ainsi de garantir que le pays serait sorti de l’UE lors des prochaines élections générales prévues en 2020. Le ministre des Transports, Chris Grayling, a déclaré que Londres avait l’intention de conserver certaines lois européennes, notamment en matière de droit du travail et d’environnement. Il a ajouté que la «Great Repeal Bill» abrogeant l’European Communities Act de 1972 qui a présidé à l’adhésion du Royaume-Uni au bloc communautaire européen serait soumise au Parlement britannique entre mai 2017 et mai 2018.
L’incertitude quant à la direction que prendra le Brexit inquiète les milieux économiques, ce que n’a pas manqué de rappeler la confédération patronale britannique (CBI). Celle-ci estime que Theresa May a répondu à une question pressante en précisant son calendrier, mais qu’elle a aussi «accentué un besoin urgent de réponses sur les autres questions». Tout en saluant la «clarification» apportée le gouvernement britannique concernant cette procédure de séparation, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a pour sa part rappelé que les Vingt-Sept auraient à cœur de protéger leurs intérêts.
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