Londres fait le choix politique de relancer son projet d’obligation sukuk
L’obligation islamique de 200 millions de livres pourrait être émise en 2014. David Cameron a aussi dévoilé la création d’un indice islamique sur le LSE
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Benoît Menou
Le gouvernement britannique a ressorti hier un vieux dossier de ses cartons, celui de l’émission d’une obligation souveraine conforme aux principes de la loi islamique. Londres s’intéresse à ce sukuk depuis des années mais y avait renoncé début 2011 du fait d’un rapport coût / bénéfice défavorable, en raison notamment de coût de structuration du produit. Le mois dernier encore, le patron de l’Agence de gestion de la dette britannique, Robert Stheeman, avançait que le projet n’était pas économiquement viable.
Hier pourtant, l’ouverture à Londres (pour la première fois en dehors du monde musulman) du neuvième Forum économique islamique mondial (le «Davos islamique») a donné l’occasion au gouvernement de présenter des gages de sa volonté d’«ouverture» selon un Premier ministre David Cameron embarqué dans une «course mondiale» aux capitaux. S’il a dévoilé la création d’un indice islamique au sein de la Bourse de Londres, le LSE, il a surtout fait part de son souhait de voir le Royaume-Uni devenir dès l’an prochain le premier Etat en dehors du monde musulman à tenter le pari d’une obligation souveraine islamique. Le Trésor travaille actuellement aux modalités d’une émission d’un montant voisin de 200 millions de livres (230 millions d’euros).
Franchir le pas est selon David Cameron «une question de pragmatisme et de volonté politique». Le pays dispose des deux, selon son dirigeant, qui entend par cette initiative d’un montant somme toute limité s’offrir une opération de prestige afin de compléter la palette des solutions proposées aux investisseurs étrangers, au même titre qu’avec les efforts déployés pour attirer le trading offshore du renminbi chinois.
Dans une tribune publiée par le Financial Times, le ministre des Finances George Osborne a de son côté souligné que «l’investissement islamique joue un rôle vital dans la renaissance des infrastructures britanniques», des tours de la City au village olympique. Le quotidien relève que l’obligation islamique pourrait être adossée aux revenus du patrimoine immobilier public britannique.
Alors que les banques font déjà montre d’expertise en finance islamique et que le LSE a permis de lever 34 milliards de dollars par le biais de 49 sukuks privés, il est temps selon George Osborne de «faire un grand pas qui confortera la réputation du Royaume-Uni au sein du monde financier islamique».
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Toute personne proposant habituellement ce type de financement et souscrivant à ces instruments, notamment les Ocabsa, devrait être agréé en tant que prestataire de services d’investissements (PSI), selon la proposition de loi.
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