L’OCDE plaide à son tour pour un alignement des retraites du public sur le privé
L’alignement des régimes de retraites public et privé permettrait d’améliorer leur gestion mais aussi de favoriser la mobilité professionnelle, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un Panorama mondial des pensions 2016 publié cette semaine.
L’organisation relève que, dans la moitié de ses 35 pays membres, les engagements de retraite pour les fonctionnaires mesurés en termes de taux de remplacement des salaires sont supérieurs de 20% pour une carrière complète à ceux du secteur privé. L’alignement des régimes a démarré mais il est progressif, et souvent limitée aux nouvelles recrues. Il générera encore des disparités importantes dans le temps, juge l’OCDE.
Aujourd’hui, la France fait partie des seuls quatre Etats au sein de l’organisation qui maintiennent un régime public différencié du privé, avec l’Allemagne, la Belgique et la Corée du Sud.
L'étude égraine les nombreuses économies d'échelle dont peut bénéficier un Etat avec un seul système unifié : dans la collecte des cotisations sociales, dans les registres et dans le paiement des pensions. «Il est difficile de prétendre aujourd’hui que les fonctionnaires et salariés du secteur public ont besoin d’un taux de remplacement à la retraite supérieur à celui de leurs collègues du privé», ajoute l’OCDE qui rappelle que les retraites du secteur public sont encore largement financées par l’impôt.
L’idée de rapprocher les deux régimes fait écho à un récent rapport de la Cour des Comptes qui proposait un «scénario dur» pour réformer le régime public. Son remède : la suppression immédiate du régime des fonctionnaires et l’alignement sur le régime général et les régimes complémentaires du privé, l’adossement financier des régimes de la fonction publique sur ceux du secteur privé et la création d’un régime unique de retraite des fonctionnaires, en fusionnant celui des fonctionnaires de l’Etat et celui des agents territoriaux et hospitaliers.
Ce scénario a toutefois été jugé compliqué à mettre en oeuvre, les contraintes de fonctionnement étant nombreuses. Une «déception»pour le président de l’Institut de la protection sociale Bruno Chrétien qui estime que «rien ne justifie les écarts entre les retraites du secteur public et celles du secteur privé». Une mesure soutenue par le candidat à la présidentielle François Fillon qui propose de repousser l'âge légal de départ à 65 ans en 2022 et d’aligner progressivement les deux régimes.
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