L’IPO londonienne de Damac marque le renouveau de l’immobilier à Dubaï
Quatre ans après le défaut de Dubaï en novembre 2009, le secteur immobilier s’offre une cure de jouvence. Les investisseurs semblent avoir tiré un trait sur les tumultes de 2008, lorsque les prix ont chuté de deux tiers, pour engager un nouveau cycle de croissance. Les prix des appartements ont grimpé de 38% en septembre en glissement annuel, relève Standard Chartered, qui souligne l’accroissement de la population et la reprise économique.
C’est pour profiter de cette tendance redevenue positive que le promoteur Damac prépare un appel au marché. Par l’entremise de deux filiales contrôlées par son président et fondateur Hussain Sawjani, le groupe s’apprête à placer 500 millions de dollars de certificats (global depositary receipts ou GDRs) sur le London Stock Exchange (LSE). Une nouvelle société baptisée Damac Real Estate Development sera créée pour l’occasion. Chaque GDR équivaudra à trois actions ordinaires du groupe. Citigroup, Deutsche Bank, Samba Capital et VTB Capital pilotent l’opération.
Damac, qui s’est allié récemment à la Trump Organization et à Paramount Pictures (Viacom), réalise 85% de ses projets de développement à Dubaï. Le groupe dispose d’actifs valorisés autour de 2,3 milliards de dollars et a dégagé au premier semestre un bénéfice de 332 millions de dollars (contre 212 millions pour la totalité de l’exercice 2012). Sa marge brute a atteint les 64% sur les six premiers mois de l’année.
La manœuvre lancée par Damac sera pour des investisseurs internationaux un test de l’attractivité du marché immobilier local, dominé par les promoteurs à capitaux publics que sont Emaar Properties et Nakheel. Mais alors qu’Emaar tire la majeure partie de ses revenus de la location de centres commerciaux et de la gestion d’hôtels, ce qui lui apporte une relative sécurité en cas de retournement du marché, Damac se dédie à la construction et à la vente de logements.
Certains observateurs, dont le FMI, s’inquiétent d’ailleurs du risque d’une nouvelle bulle, malgré les mesures prises par les autorités. Le régulateur exige dorénavant le paiement en totalité du foncier ainsi qu’une garantie à hauteur de 20% des coûts de construction. Cité par le Wall Street Journal, Hussain Sawjani exclut un tel scénario catastrophe, estimant que Dubaï «a grandi» depuis la crise. Il souligne également la perspective d’une offre limitée dans les années à venir et d’une demande qui restera forte.
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