L’investissement responsable se fraie un chemin dans les fusions-acquisitions
Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) prennent une importance grandissante mais inégale dans les processus de fusions et acquisitions, si l’on en croit une étude que vient de publier le cabinet d’audit PwC, en collaboration avec l’initiative des principes pour l’investissement responsable de l’Organisation des Nations Unies. Selon 63% des 16 grandes entreprises européennes interrogées, l’influence de ces facteurs a significativement augmenté depuis 2010 et les trois quarts d’entre elles estiment que cette tendance «va s’accélérer au cours des 3 prochaines années».
Durant la phase d’évaluation préalable à la transaction (due diligence), 63% des répondants indiquent tenir systématiquement compte des critères environnementaux, alors qu’ils ne sont que 44% à l’affirmer pour les critères sociaux et 38% pour les questions de gouvernance. Les problèmes de fraude et de corruption, ainsi que la question du travail des enfants, occupent néanmoins une place essentielle dans l’évaluation de cibles situées dans les pays émergents.
Plus de 80% des entreprises de l’échantillon ont soit réduit le prix qu’elles étaient prêtes à payer pour racheter une entreprise, soit arrêté une négociation en cours, à la suite d’une performance de la cible insuffisante sur des critères ESG. Les facteurs mis en avant tiennent notamment à la contamination des sols, à des relations houleuses avec les syndicats ou à un risque de catastrophe naturelle. Mais une bonne performance dans ce domaine, si elle peut contribuer à accélérer le processus d’acquisition, ne donne pas toujours lieu à une prime de valorisation puisqu’elle est supposée être incluse dans le prix initial.
Environ un tiers des sociétés considère que la mise en conformité, qui peut coûter plusieurs millions d’euros, «peut s’étendre jusqu’à deux ans après la clôture de la transaction» et un quart estime que ce délai «peut atteindre 5 ans». L’analyse des résultats par secteur montre que l’alimentaire et l’industrie manufacturière ont intégré l’ensemble des facteurs ESG dans leur stratégie d’acquisition et d’intégration des sociétés rachetées. La construction, la pharmacie et les médias ont de leur côté adopté une démarche moins formalisée en période de due diligence, tout en restant très attentifs à ces critères après la conclusion de la transaction.
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